Pour sa deuxième Coupe du monde, la Slovénie se présentera sans star revendiquée en Afrique du Sud. Le fiasco de 2002, avec l'épisode Zlatko Zahovic en tête d'affiche, est encore dans toutes les têtes. Jeune pays plein d'avenir cherche première expérience concluante en Coupe du monde. Telle pourrait être la profession de foi de la Slovénie, qui disputera en Afrique du Sud son deuxième Mondial après une surprenante campagne de qualification où elle triompha de la Russie, la République tchèque et la Pologne. Une sacrée performance face à des «habitués» de la compétition, qui fit logiquement naître les espoirs les plus fous dans ce pays où le hockey sur glace et le basket tiennent d'habitude le haut du pavé. Cela, la bande à Matjaz Kek en est parfaitement consciente. «On n'a pas les grandes stars», nous concède volontiers Valter Birsa. Pas de grande star, donc, et c'est presque une chance au vu du «gâchis» Zlatko Zahovic en Corée. 2 juin 2002 : la Slovénie dispute son premier match de Coupe du monde face à l'Espagne. Cela se passe plutôt mal, et le «Zidane slovène» est sorti à la pause par son entraîneur, Srecko Katanec. Le meneur de jeu (31 buts en 63 sélections) le prend mal, en vient aux mains avec son coach, menace même de claquer la porte de la sélection en pleine compétition. Malgré des excuses circonstanciées, le méchant garçon est renvoyé au pays, et la Slovénie termine sans éclat la compétition, battue par l'Afrique du Sud puis le Paraguay. L'incident Zahovic a agi comme un révélateur des dissensions existant au sein du groupe. A la recherche du temps perdu Le problème, pas de doute, ne se reposera plus : «Notre véritable point fort, finalement, c'est qu'on se connaît vraiment tous bien, confirme Birsa. On se suit depuis qu'on est jeunes.» L'absence de vedettes (le réservoir s'avérant forcément limité dans un pays qui compte 116 000 licenciés) devrait faciliter la vie de Matjaz Kek : pas de caprices de stars à gérer, pas de conflits d'intérêts latents réputés habituels dans les sélections yougoslaves ou croates, par exemple. Au lieu de cela, le sélectionneur pourra peaufiner son catenaccio à toute épreuve (deuxième meilleure défense de la zone Europe derrière les Pays-Bas, avec quatre buts encaissés en dix matches) pour espérer atteindre les huitièmes de finale dans un groupe où l'Angleterre puis les Etats-Unis partent favoris. Portée par son gardien Samir Handanovic (Udinese), même si elle est peu séduisante d'un point de vue tactique, la Slovénie n'a pas volé sa qualification. Elle part donc sans pression en Afrique du Sud. «Nous sommes la première génération issue de l'école slovène et pas yougoslave, c'est une grande fierté», rappelle le défenseur de La Gantoise, Marko Suler. Si cette première génération slovène pouvait ramener un premier résultat lors d'une compétition internationale, il ne sera même plus question de fierté. Pour preuve : ce ne serait alors plus le Premier ministre, mais bien le président de la République, qui irait cirer les crampons des joueurs dans le vestiaire.