Une fin d'année universitaire agitée au niveau des universités de Constantine. Plusieurs mouvements de grève ont été déclenchés depuis la semaine passée à travers plusieurs facultés de l'université Mentouri et au niveau de l'université des sciences islamiques Emir Abdelkader. Les étudiantes du département des sciences vétérinaires de la ville d'El Khroub ont observé un sit-in ce jeudi devant la tour administrative de l'université Mentouri. La protestation des étudiants en 1er et 2e mastère se poursuit depuis mercredi dernier. Ils revendiquent «la reconnaissance de leur diplôme». De leur côté, les étudiants de l'université islamique s'opposent farouchement à leur administration. D'ailleurs, ils ont bloqué l'accès à l'administration depuis mercredi. « Le blocus ne sera levé qu'après le consentement de la direction de l'université d'ouvrir un dialogue avec nous», avait déclaré le représentant de l'Ugel, meneur de la grève qui précise «nous avons une plateforme de revendications qui s'articule autour de cinq points essentiels dont nous voudrions discuter avec le recteur». En effet, la liste des revendications des étudiants compte cinq points à savoir : système LMD, surtout les modalités de passage, les menaces qui pèsent sur l'annulation du magistère classique, les activités et rencontres scientifiques étrangères à l'université qui se déroulent régulièrement en son sein et gênent les étudiants, l'insécurité qui règne sur le trajet des étudiants entre le campus Emir Abdelkader et l'annexe de Djenane Ezzitoune. L'agitation des étudiants a atteint leurs collègues de la faculté de médecine. Ces derniers se sont manifestés ce jeudi et brandissent la menace de durcir leur mouvement dès le début de semaine. Ils refusent de servir d'otages dans le conflit opposant les hospitalo-universitaires et le doyen de la faculté de médecine car faut-il le rappeler, depuis le 16 mai, les hospitalo-universitaires sont en grève illimitée et du coup, ils boycottent les corrections et les délibérations des contrôles des différents paliers des études des sciences médicales (médecine, pharmacie et chirurgie dentaire). Sur un autre registre, il est à savoir que l'élément commun entre toutes ces protestations, est incontournablement l'Ugel. D'ailleurs, le recteur de l'université islamique Abdallah Boukhelkhal, a exprimé son indignation devant l'attitude des étudiants de l'Ugel «qui ont déclenché cette grève surprise, prenant la liberté de bloquer l'activité de l'université, d'empêcher les festivités de commémoration de la journée de l'étudiant et interdisant l'accès à une personnalité comme Abdelhamid Mehri». Il est à noter enfin que le malaise qui ronge les campus et les facultés a atteint un seuil où le seul langage reconnu, et par les étudiants et par leur tutelle, reste la grève. Ceci en absence de dialogue et d'une prise en charge réelle des doléances des étudiants par une administration qui brille par son absence et cède le terrain au profit d'organisations estudiantines, telles que l'Ugel qui fait de la récupération.