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«Nous ne sommes pas des spéculateurs sur le lait»
Abdelouaheb Ziani, président de la Fédération nationale de l'agroalimentaire à la Cipa au Temps d'Algérie :
Publié dans Le Temps d'Algérie le 27 - 10 - 2010

La filière lait subit actuellement une crise dont les origines ne sont pas claires puisque des accusations sont échangées entre l'Office national interprofessionnel du lait et les entreprises de fabrication de lait en sachet. Dans cet entretien,
Abdelouaheb Ziani, président de la Fédération nationale de l'agroalimentaire à la Confédération desindustriels et producteurs algériens (Cipa) revient sur la filière qui regroupe 112 entreprises. Sa fédération est favorable pour l'encouragement de la production du lait cru qui doit bénéficier d'une amélioration de la collecte.
Votre fédération est favorable à la révision des quotas de poudre de lait. Mais à présent, la perturbation qui caractérise le marché a pour origine, selon certains, le refus des laiteries de recourir à une éventuelle révision des quotas en réclamant leur maintien. Est-ce que les perturbations que connaît ce marché ont été réellement provoquées par les laiteries ?
Pas du tout. Il y a eu une série de rencontres avec le ministère de l'Agriculture, l'Office national du lait et le Conseil interprofessionnel du lait, où nous sommes représentés. Nous sommes donc favorables à la baisse de la facture d'importation du lait en poudre.
Nous avons demandé aux laiteries de se doter d'équipements pour pouvoir intégrer le lait cru dans leur production. Nous avons également demandé aux collecteurs et éleveurs de nous fournir le lait cru.
Après une analyse minutieuse du marché, nous avons pris en considération la démographie algérienne pour pouvoir faire ressortir la demande en lait par wilaya et par la même, les besoins en termes de quotas de poudre. Nous avons constaté la prévalence d'importants déséquilibres en approvisionnement en poudre entre les régions, notamment entre l'Est, l'Ouest et le Centre.
Cette dernière région est surapprovisionnée comparativement aux autres. Donc, nous avons proposé de baisser le volume de la poudre utilisée dans la fabrication de 10% en 2010. Cela veut dire que le volume importé pour 2010 ne doit pas dépasser les 110 000 tonnes contre 138 000 tonnes en 2009. Après avoir proposé le maintien des anciens quotas des entreprises du secteur public, nous avons recommandé une répartition équitable entre les différentes laiteries.
Ces propositions soumises au Conseil interprofessionnel du lait ont été acceptées après avoir fait l'objet d'un vote. Parallèlement à la baisse des quotas de certaines laiteries, d'autres devaient bénéficier d'une hausse, afin de leur permettre de couvrir les besoins exprimés au niveau de leur wilaya. Il faut savoir que certaines laiteries du Centre disposent de capacités de production pouvant couvrir totalement les besoins d'une région.
Quelles sont les capacités de production du lait en sachet au niveau national ?
Actuellement, les capacités des différentes laiteries sont de 200% par rapport aux besoins de consommation. Malgré les surcapacités de production, les laiteries doivent bénéficier d'un quota permettant de couvrir les besoins de consommation
exprimés au niveau de leur wilaya. La révision des quotas devrait permettre aux laiteries de couvrir la demande de leur région sans outrepasser les autres wilayas. Certaines laiteries de la région Centre avaient un surquota et commercialisaient leur surplus de production dans les autres wilayas, ce qui perturbait leurs collègues aux petits quotas.
Nous avions pensé à faire des économies, car le transport d'un lait produit dans la région Centre vers d'autres wilayas entraîne des dépenses supplémentaires alors que ces wilayas disposent d'unités de fabrication de lait en sachet. Il n'est pas normal de parcourir 140 km pour distribuer du lait à
Aïn Defla, alors que cette wilaya dispose d'unités locales. Lors des réunions tenues avant le mois de Ramadhan avec l'Onil, il a été question d'avaliser nos propositions pour équilibrer les quotas de wilayas avec une majoration de 30%, induite par la nécessité de couvrir les besoins exprimés au cours du mois sacré. Mais nous avons constaté que l'Onil n'a pas respecté les accords conclus avec eux.
Pis encore, les laiteries n'ont même pas reçu leurs anciens quotas, les poussant à recourir aux importateurs pour s'approvisionner en poudre de lait afin de satisfaire la demande. Son achat sur le marché a causé des pertes aux entreprises car elles n'ont pas utilisé la matière subventionnée. Les entreprises étaient obligées d'agir de cette manière afin d'éviter un arrêt de leur outil de production et d'assurer un approvisionnement régulier du marché. Les entreprises étaient prises en otage par l'Onil car elles payent à l'avance leurs quotas sans pouvoir en bénéficier à temps.
Qu'avez-vous proposé à l'Onil pour débloquer la situation ?
Nous avons demandé à l'office de décentraliser la distribution de la poudre car il est inconcevable qu'un producteur de l'Ouest, par exemple, se déplace jusqu'à Alger pour prendre son quota. La location d'un camion semi-remorque et sa mobilisation pendant plusieurs jours sont d'importants frais supportés par les entreprises. Pis encore, lorsque les entreprises se présentent au niveau du dépôt de Blida, on les invite parfois à revenir car le produit n'étant pas disponible.
Certaines laiteries sont accusées de détourner la poudre à d'autres fins, comme la fabrication de produits laitiers. Qu'en pensez-vous ?
Notre position est claire à ce sujet. Nous pensons que lorsqu'un produit est subventionné il y a forcément spéculation. Seuls les chefs d'entreprise honnêtes établissent un bilan journalier de leur activité et l'envoient à la direction du commerce de leur wilaya.
Ce n'est pas de la mission de la Cipa de contrôler. L'Etat doit mettre des garde-fous pour assurer l'utilisation de la poudre à bon escient. Nous reconnaissons que certains refusent de réduire leurs quotas car le prix de la poudre subventionné, qui est de 150 DA/kg, est largement moins élevé que celui pratiqué sur le marché (240-300 DA/kg).
Vous admettez que la filière est victime de spéculation. Que préconisez-vous comme solutions ?
Pour instaurer une concurrence dans la filière et non un prix soutenu par l'Etat, il faut libérer les prix. Ceci permettra à toutes les entreprises de travailler. Celles qui ont de grandes capacités de production les réviseront volontairement et il y aura moins de spéculation sur le marché. Les producteurs du Centre ne se déplaceront pas à l'Est ou à l'Ouest pour écouler leur production de lait en sachet.
Je souhaite, par la même occasion, qu'il y ait une concertation entre le ministère de l'Agriculture et celui du Commerce. Au moment où ce dernier régit le prix du lait en sachet, celui de l'agriculture fixe le prix de la poudre. Les prix du lait n'ont pas été augmentés alors que les autres charges comme les salaires des travailleurs ont connu des hausses. Les producteurs gagnent 35 centimes par litre car le prix du lait en sachet sorti d'usine est de 23,35 DA.
Le ministre de l'Agriculture a annoncé récemment une prochaine révision de la prime d'intégration au profit des transformateurs qui utilisent exclusivement le lait cru dans la fabrication du lait en sachet. Etes-vous favorable à cette nouvelle disposition ?
Nous sommes favorables pour accorder des subventions directes aux éleveurs. Mieux encore, nous sommes pour l'augmentation de la subvention du lait cru produit localement. L'Algérie importe 140 000 tonnes de poudre pour fabriquer le lait en sachet et 400 000 tonnes pour fabriquer les produits dérivés.
Toutes ces quantités importées sont totalement exonérées de taxes. Nous avons donc proposé au ministère de l'Agriculture de verser la TVA sur les produits laitiers pour le soutien de la production du lait cru.
On nous accuse de ne pas collecter le lait produit localement. Ce n'est pas vrai, il n'y a pas une importante offre sur le marché.
Pis encore, nous subissons une concurrence de la part des entreprises de fabrication de produits laitiers. Ces derniers offrent des prix meilleurs que ce que leur proposent les laiteries. Et bien sûr, les éleveurs font leur choix car ils préfèrent céder le lait à 35 DA au lieu des 30-32 DA/litre proposés par les laiteries. En agissant de la sorte, certains ignorent même les conventions les liant avec les fabricants du lait en sachet. Il y a trois ans, nous avons proposé au ministère de l'Agriculture que le lait cru subventionné par l'Etat soit destiné exclusivement à la fabrication du lait en sachet.
Le ministère a proposé 7,5 DA/litre comme prime d'intégration, mais notre proposition, datée de plusieurs années, préconise une prime de 9,80 DA/litre afin de permettre aux entreprises d'avoir une rentabilité. Pour pouvoir consommer du lait en sachet sur la base d'un lait cru produit à 100% en Algérie, il faudra instaurer des mécanismes pour améliorer la collecte. Nous sommes prêts à relever le défi pour augmenter progressivement l'utilisation du lait cru dans le circuit de production. L'objectif de production de lait cru devait passer en 2010 à 500 millions de litres contre 380 millions en 2009. Nous pouvons augmenter davantage ces capacités, pourvu que la vente informelle du lait cru soit arrêtée.


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