L'usage de la bonbonne de gaz butane est toujours d'actualité dans la wilaya de Béjaïa, qui est l'une des wilayas où le taux de pénétration du gaz naturel est faible (moins de 30%), malgré les efforts consentis par les autorités locales afin d'alimenter les foyers béjaouis en cette énergie essentielle. Toutefois, les tracasseries liées à l'alimentation des ménages en bonbonnes de gaz butane continuent, avec les pénuries qui surviennent de temps à autre. D'après nos entretiens avec les propriétaires de dépôts de bouteilles de gaz butane, la disponibilité de celles-ci demeure tributaire de deux facteurs essentiels : le froid et les manifestations de rue. En effet, durant les journées où le froid et les intempéries sévissent, la demande sur ce produit augmente significativement. Les ménages se ruent vers les dépôts de bonbonnes afin de s'en procurer, ce qui crée une tension palpable sur ce produit qui finit par se raréfier, et la pénurie s'installe de ce fait pour quelques jours, le temps que la vague de froid passe. Mais ce qui fait «exploser» surtout la demande ce sont entre autres les propriétaires de poulaillers, qui demeurent de gros consommateurs de ce produit, lesquels en l'absence de gaz de ville, recourent au gaz butane afin de chauffer leurs poulaillers, de peur de perdre leur volaille. Le deuxième facteur qui provoque la pénurie des bouteilles de gaz butane, ce sont les manifestations de rue, avec le blocage des routes. Les distributeurs des bonbonnes se trouvent, de ce fait, bloqués et ne parviennent pas à joindre leur clientèle, ce qui crée un manque en cette denrée essentielle dans les régions qui connaissent les actions de rue. Concernant les prix, les dépôts de Naftal cèdent la bonbonne à 200 DA l'unité, les revendeurs quant à eux la cèdent à 230 DA en moyenne. Si la bonne distribution des bonbonnes de gaz butane dépend des facteurs climatiques et de «l'humeur» de la rue dans les régions calmes sur le plan sécuritaire, il n'en demeure pas moins que dans les localités qui connaissent les affres du terrorisme, la distribution se trouve plus compliquée, à cause de l'activité terroriste. Il s'agit des communes d'Adekkar et Beni Ksila, où le terrorisme connaît une certaine activité dans les massifs boisés. Selon une source au fait de la situation sécuritaire de cette région, les distributeurs des bonbonnes de gaz butane sont filtrés au niveau des barrages des services de sécurité, qui leur ont enjoint de ne pas distribuer ce produit utilisé par les terroristes dans la fabrication des bombes artisanales. Au niveau des APC, notre source indique que les autorités communales n'ont reçu aucune instruction afin d'instruire les distributeurs de ne pas se rendre dans ces zones chaudes, où ils pourraient tomber dans un faux barrage, ce qui serait une calamité pour la région. En conséquence, les citoyens de cette région montagneuse se rabattent sur d'autres localités avoisinantes pour s'approvisionner en bonbonnes, sinon le bois fait largement l'affaire, surtout dans ces zones montagneuses boisées, où l'on se passerait presque du gaz butane, cher du reste.