Le tourisme, un secteur sous-exploité en dépit de grandes potentialités. Avec ses 80 kilomètres de côtes, la wilaya de Boumerdès peine à attirer les estivants de tous bords. D'est en ouest, cette région offre d'énormes potentialités en matière de tourisme qui ne sont toujours pas exploitées. L'estivant local ou étranger ne trouve pas son compte. Le manque d'attractivité des services touristiques, et notamment des complexes et des ZET qui peinent à voir le jour, est pour autant la raison pour laquelle la destination Boumerdès est boudée. Sur ce point, la wilaya ne dispose que d'une vingtaine d'hôtels répartis à travers les localités balnéaires notamment Boudouaou, Boumerdès et Zemmouri. Les infrastructures d'accueil manquent Pour les estivants, il est très difficile de croire que les zones d'expansion touristiques verront le jour en raison de l'absence d'une stratégie en matière de tourisme notamment chez les responsables. Mourad, un habitant des Figuiers nous dira que «le cadre de vie des citoyens s'est fortement dégradé et les autorités peinent à trouver des solutions aux décharges sauvages qui pullulent. Nous avons une belle côte, qui attire des centaines de milliers d'estivants d'horizons divers chaque année, mais elle n'est pas exploitée et les plages sont mal organisées», a-t-il encore déclaré. Notre interlocuteur précisera que l'anarchie est devenue le maître mot des plagistes et cela devient un inconvénient pour cette agglomération qui tire son profit du tourisme. Les actes terroristes font fuir les estivants Autre fait pouvant nuire au tourisme dans cette wilaya, le terrorisme islamiste qui continue de frapper fort notamment ces derniers jours. Durant le mois de juin, l'on a constaté plusieurs actes terroristes dans les localités censées recevoir des estivants à l'image de Cap Djinet, une localité qui dispose de 9 km de côtes. Un attentat à la bombe avait été perpétré dans cette localité faisant des morts et des blessés parmi les services de sécurité. «À qui profitent ces attentats, s'interroge Adel, un jeune de la localité. À personne, au contraire ils nuisent à l'image de la région et menacent de ce fait plusieurs personnes dont les ressources dépendent des activités commerciales de la mer». Adel explique que « plusieurs estivants viennent se baigner ici la peur au ventre, mais ces derniers jours, ajoute-t-il, des estivants particulièrement de Tizi Ouzou ont défié la peur». Le rush de ces estivants en ces moments de grandes chaleurs est le fait que les plages de Tigzirt et Azzefoun affichent complet. Les autorités locales et particulièrement les services de sécurité ont mis en place plusieurs dispositifs afin d'assurer la quiétude aux estivants, en déployant des unités de police sur les plages. En dépit de ce que dame nature a offert à cette localité, beaucoup de retard est à rattraper, particulièrement en ce qui concerne la réalisation de complexes et entreprises touristiques. Ici, plusieurs jeunes travaillant comme plagistes ou autres craignent de perdre leur job saisonnier ou changer carrément d'activité en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. Les émigrés préfèrent aller vers d'autres destinations Le manque d'infrastructures d'accueil et la situation sécuritaire qui prévaut dans cette belle région a dissuadé des personnes originaires de la région à y séjourner en été. C'est le cas de Sofiane, un immigré de France depuis près de quatre ans et qui préfère aller avec sa famille à Béjaïa. «Nous partons chaque année à Béjaïa pour passer un mois ou une vingtaine de jours, plus exactement aux Sablières, en raison des commodités et des infrastructures qu'elle offre aux estivants». «Cela ne veut, en aucun cas, dire que nous boudons les plages de Boumerdès, mais le manque d'infrastructures d'accueil fait fuir les émigrés vers d'autres destinations comme Annaba, Béjaïa. Un autre immigré était catégorique «je préfère partir à Béjaïa», sans expliquer son choix. A Sidi Daoud, les centres de vacances sont fermés Au niveau de Sahel Boubarek, une localité balnéaire relevant de Sidi Daoud, plusieurs camps de vacances sont fermés depuis plusieurs années en raison de la dégradation de la situation sécuritaire notamment durant la décennie noire. Selon des informations, ces centres de vacances sont devenus des hangars de stockage de tous produits. La population locale, particulièrement les potaches, espèrent un jour l'ouverture desdites centres de vacances par les autorités pour au moins passer des moments agréables en été. Toutefois, les responsables de secteur sont pessimistes en annonçant à l'ouverture de la saison estivale, que la wilaya de Boumerdès accueillera près de 10 millions d'estivants, un peu mieux que l'année dernière, où il a été enregistré un rush de près de 8 millions d'estivants. Pour ce faire, les responsables de secteur ont mis en place plus de 3000 lits pour accueillir les vacanciers et près de 7 camps de vacances familiaux et 9 centres de vacances. Mais cela reste insuffisant eu égard au nombre d'estivants qui est appelé, vraisemblablement, à croître dans les prochaines années et de répondre convenablement à leurs exigences et besoins pressants.