Selon le réseau d'information voltairenet.org, «les autorités religieuses de Syrte ont promulgué récemment une fatwa autorisant les habitants survivants à manger les chiens et les chats. Il y a près d'un mois, 3000 soldats et 80 000 civils ont été pris au piège : la ville est assiégée par les forces du Conseil national de transition encadrées par des officiers de la Coalition internationale et bombardée par l'Otan». La même source a ajouté que «Syrte n'est plus approvisionnée en nourriture. L'électricité et l'eau sont coupées. Les hôpitaux ne fonctionnent plus. La ville n'est plus que ruines. Seules 10 000 à 20 000 personnes auraient réussi à fuir la mort lors des interruptions des bombardements». L'Otan est intervenue en Libye pour protéger la population civile et vouloir continuer son action jusqu'à la reddition ou la mort de Mouammar Kadhafi. Cependant, le réseau voltaire a estimé que «le siège et le bombardement par l'Otan constituent des crimes de guerre au regard des normes internationales compte tenu du fait que la population civile en est la principale victime». «Ce drame est ignoré par les médias et les responsables politiques de la zone Otan - y compris par les leaders français en campagne électorale présidentielle. Un silence qui fait d'eux des complices», ont tenu à dénoncer les rédacteurs de ce réseau social. De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a procédé à l'évacuation de 40 blessés de l'hôpital Ibn Sina de Syrte, fortement endommagé par les combats. Selon un praticien de Médecins sans Frontières (MSF) dans ce même hôpital, environ 10 000 des 75 000 habitants de la ville se trouvent pris au piège des combats. Des journalistes du quotidien français Le Monde ont tiré également la sonnette d'alarme au sujet de la situation humanitaire de la population de Syrte. «Le calvaire des civils de Syrte, pris dans les combats de l'assaut final mené par les forces du nouveau pouvoir libyen contre les troupes fidèles à Mouammar Kadhafi, pose un problème de taille à la coalition internationale menée par l'OTAN en Libye. La protection des civils, qui constitue le cœur du mandat de l'ONU sur lequel se fonde depuis sept mois l'intervention armée en Libye, paraît mise à mal», souligne hier Le Monde. Une population prise en tenailles Le même journal a ajouté que la population qui n'a pas réussi à fuir se trouve prise en tenailles. «Le paysage de dévastation de la ville atteste de la violence subie par les habitants. La question se pose ainsi de savoir si l'OTAN, en cautionnant pareil scénario de siège, ne se met pas, de manière flagrante, en contradiction avec les objectifs que l'Alliance s'est assignés en Libye. La «protection des civils» est-elle, à Syrte, sacrifiée au nom de l'efficacité militaire, au moment où responsables occidentaux et nouveau dirigeants libyens ont hâte d'en finir avec une guerre de «libération» dont les derniers épisodes tirent en longueur ?», ont tenu à préciser les journalistes français, tout en ajoutant en ces termes : «Face à ces interrogations qui provoquent une gêne manifeste, aucun dirigeant occidental ne s'est prononcé publiquement sur le sort des habitants de Syrte». Le Comité international de la Croix-Rouge a lancé un véritable cri d'alarme en qualifiant de «désespérée» la situation des civils à Syrte. Un appel qui, a précisé son président, Jakob Kellenberger, s'adressait à «tous les belligérants».