Le front social s'agite depuis plusieurs jours dans la wilaya de Boumerdès. Quelques jours seulement après avoir fêté leur journée mondiale, plusieurs travailleurs protestent et se révoltent contre les conditions de travail, jugées catastrophiques, et la dégradation de leur cadre de vie notamment par la cherté de la vie et la régression du pouvoir d'achat. Hier, c'était le tour des travailleurs des œuvres universitaires qui se sont révoltés en enclenchant un mouvement de grève de trois jours pour réclamer l'augmentation des salaires et une prime pour ceux qui partent en retraite. Les salaires des travailleurs des cités universitaires ne sont plus en mesure de répondre à leurs besoins et ceux de leurs familles, surtout lorsqu'on sait que plusieurs d'entres eux perçoivent un salaire qui ne dépasse même pas le Smig. Ils revendiquent également l'intégration des travailleurs contractuels assurant des tâches difficiles au niveau des cités et résidences universitaires. Les protestataires réclament, également, la promotion et l'ouverture de carrières et ce, sans passer par les concours de recrutement, mais en se basant sur le critère de l'ancienneté. Une prime de 25% est réclamée ainsi par les travailleurs avec effet rétroactif depuis l'année 2008. Les travailleurs des CU sont déterminés, par ailleurs, à inscrire leur mouvement dans la durée et de recourir aux autres formes de protestation au cas où les pouvoirs public ne satisferaient pas leurs revendications, indique-t-on. Par ailleurs, les travailleurs de la Société de miroiterie et verre technique (Somiver) de Thénia, poursuivent, pour la deuxième semaine, leur mouvement de grève enclenché le 2 mai dernier, pour protester contre la situation dans laquelle est plongée leur société. Cette situation a été rendue possible, selon les travailleurs, par la mauvaise gestion de son directeur depuis 2007. De ce fait, les protestataires réclament son départ pur et simple et exigent des pouvoirs publics la suspension d'un plan d'assainissement de l'entreprise qui avoisine la somme des 40 milliards de centimes. Il est à noter que cette gestion, jugée par les travailleurs de catastrophique, a coûté à l'entreprise un préjudice financier important notamment en ce qui concerne le chiffre d'affaires qui a baissé de 70% en cinq ans. Signalons, par ailleurs, qu'une décision de justice est attendue dans les prochains jours et ce, suite à la demande d'un avocat des travailleurs de la reporter afin d'étudier le dossier. La direction de la société avait, faut-il le rappeler, lancé dernièrement des procédures judiciaires pour faire la pression sur les travailleurs afin de bloquer leur mouvement de grève.