Des dizaines de bouchers, de maquignons et d'ouvriers exerçant au niveau de l'abattoir communal du chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou ont fermé hier matin la route principale longeant l'enceinte de l'abattoir, le boulevard Stiti-Ali. L'action de protestation intervient juste après la décision des responsables de l'APC et de la daïra de fermer l'abattoir. «Nous nous sommes élevés contre la fermeture de l'abattoir, car c'est une décision irréfléchie qui ne va ni dans l'intérêt des travailleurs, ni dans celui de toute la wilaya. Nous avons des familles à nourrir et si la décision est appliquée, ce sont les revenus de centaines de familles qui seront sacrifiés», s'indigne l'un des protestataires. Une commission composée des représentants de la wilaya et de l'APC s'est présentée au niveau de l'abattoir pour notifier à l'adjudicateur la décision de fermeture. Sans avertissement ni affichage, l'ensemble des ouvriers, maquignons et bouchers ont été surpris d'apprendre que désormais, ils ne pourront plus exercer leurs métiers respectifs au niveau de cet établissement d'abattage. D'ailleurs, des maquignons arrivaient sur les lieux, ignorant qu'une telle décision allait être exécutée le jour même : le contrat qui lie l'adjudicateur à l'APC du chef-lieu de wilaya depuis deux ans vient en effet de prendre fin. Les protestataires s'indignent contre «une décision radicale et injuste» et se demandent pourquoi une fin de contrat mène à la fermeture. Selon les initiateurs de l'action, les autorités locales n'ont pas respecté la loi en procédant à la publication d'un avis d'adjudication avant l'expiration du contrat en cours. Ils proposent, à défaut de la fermeture de l'abattoir, une prolongation du contrat de l'actuel adjudicateur pour permettre à l'ensemble des ouvriers, bouchers et maquignons, au nombre de 200, de continuer à exercer jusqu'à ce qu'une autre solution soit trouvée. D'après nos interlocuteurs, ce sont les policiers de la sûreté de wilaya arrivés sur les lieux qui ont ouvert le dialogue avec les responsables de l'APC et de la daïra. Des élus de la commune ont tenté de convaincre le chef de daïra de Tizi Ouzou de prolonger le contrat actuel en attendant de trouver une solution, mais en vain. Jusqu'à 13h passées, mis à part les policiers qui tentaient de convaincre les protestataires de rouvrir la route, aucun responsable n'a pris attache avec eux. Joint par nos soins dans l'après-midi, un représentant explique que «tout le monde est mobilisé, quitte à passer à d'autres actions plus radicales à partir de demain (aujourd'hui, ndlr) si aucune suite n'est donnée à notre revendication».