Objet de dissensions multiples depuis quelques jours, l'abattoir de la ville d'El Eulma est livré à l'abandon. Sur les lieux, la situation est chaotique, l'hygiène y est déplorable; l'endroit, déjà avant sa fermeture il y a une semaine, fonctionnait dans une anarchie indescriptible. Pas d'électricité, ce qui implique la rupture de la chaîne de froid, et l'incinérateur a «rendu l'âme» il y a des années. Evidemment, l'on devine comment se faisait l'abattage dans ces lieux insalubres. La vingtaine d'agents des services vétérinaires qui étaient sur place pour contrôler l'état des bêtes destinées à l'abattage, se sont retrouvés, du jour au lendemain, sur le carreau. Des ouvriers qui travaillaient à la tâche, dont certains sont là depuis plus de 15 ans, sans aucune couverture sociale, ne savent plus quoi faire. Les retombées de la fermeture de l'abattoir sont énormes sur tous les plans, notamment sur celui de la santé du consommateur, pour la simple raison que faute de lieux appropriés, les bouchers se livreront désormais à l'abattage clandestin avec tous les risques qui en découlent. Certains, qui se livrent déjà depuis des années à ces pratiques, vont s'en donner à présent à cœur joie, au détriment de la santé du citoyen. En l'absence d'une solution rapide, les parties en conflit campent sur leurs positions. Les bouchers ne veulent pas payer le droit d'abattage fixé à 10DA au lieu des 5 d'avant, alors que la commune, qui gère maintenant le tarif, invoque la réglementation en vigueur édictée par la loi de finances complémentaire. D'un autre côté, l'adjudicateur, qui se voit lésé dans ses droits suite à la résiliation de son contrat par l'APC, a saisi la justice.