La campagne électorale est le moment idéal pour un gouvernement comme pour les institutions qu´il dirige de montrer dans quelle estime il tient ses administrés. Si les collectivités locales sont tenues d´assurer les conditions matérielles pour le bon déroulement du scrutin, les corps de sécurité apportent leur concours dans la limite de leurs prérogatives et les moyens de communication, eux, mettent les bouchées doubles pour satisfaire l´attente des citoyens en général et des électeurs en particulier. Les élections régionales en France donnent l´occasion à nos compatriotes de voir avec quelle transparence, avec quelle ouverture d´esprit, les télévisions publiques ou privées ont organisé des plateaux ouverts à tous les partis qui sont entrés en lice dans la concurrence, quel que soit leur poids dans l´électorat ou dans la représentativité nationale ou quelle que soit leur couleur politique. Dans la séquence estimation, les concurrents s´affrontent à fleurets mouchetés pour se laisser une sortie honorable en cas de retournement des perspectives. Le journaliste-présentateur essaie d´être le plus neutre possible, s´efforçant, par esprit de professionnalisme, de poser des questions pertinentes pour piéger les responsables politiques dans leur argumentation hasardeuse ou trop générale. Il n´y a dans la soirée élections, contrairement aux débats organisés autour d´un thème donné (en dehors de la période électorale) ni ton mielleux, ni salamalecs de la part du journaliste. Il faut dire que là-bas, aucun responsable politique n´a menacé la presse de fermeture, ni voué les journalistes aux gémonies, ni les a livrés à l´opprobre de la foule. Quelle que soit la prise de position des uns et des autres, le discours est courtois et le téléspectateur est ménagé dans ses convictions intimes: seuls les projets de société ou les mesures sociales sont mis en avant. Le téléspectateur est respecté car il est le contribuable mais aussi parce qu´il est l´électeur de demain. Là-bas, les jeux ne sont pas faits d´avance.