«Ecrire un feuilleton consiste à faire des boucles sur une calvitie.» Karl Kraus Le feuilleton algérien se porte-t-il bien? C´est en tout cas ce qu´affirme le héros du feuilleton Le Dernier souvenir de Messaoud Laïb, de Azzedine Boureghda. Un feuilleton dramatique, qui malgré l´absence d´une maîtrise dans la réalisation, a réussi à capter l´intérêt des Algériens, même à une heure tardive. Tout le monde s´accorde à dire que le scénario de Fatma Ouazène, productrice et femme du réalisateur, a réussi son pari d´offrir un bon texte, mais Messaoud Laïb, qui enseigne déjà l´audiovisuel à l´Itfc, n´a pas excellé dans la création d´un style nouveau de feuilleton, se limitant à des plans de coupe et des champ contre-champ. Aucun mouvement de caméra ni montage parallèle n´offre la possibilité aux téléspectateurs de voyager à travers le film. On est bien loin de la mise en scène «Anzour» dans Dakirat El djassed. Laïb, qui n´est pas issu du monde du cinéma, n´a pas innové dans la mise en scène pour faire sortir le téléspectateur du style archaïque et standard des feuilletons algériens de ces derniers temps. Mais à quoi est due cette déconvenue technique? Durant plus de 30 ans, les Algériens ont vécu au rythme de la culture des moussalssalate égyptiens. C´est d´ailleurs grâce à ces feuilletons arabes que de nombreux Algériens ont adopté l´arabe classique. Mais pour le téléspectateur, le feuilleton algérien reste la meilleure référence culturelle. Mais si on évoque une histoire algérienne, impossible de s´identifier à des productions syriennes comme c´est actuellement le cas pour Dakirat El djassed, les Algériens aiment leur production nationale, quelle que soit sa qualité. Et pour évoquer le premier feuilleton algérien, il faut remonter aux années 1970 et plus précisément à l´année 1971 quand Mustapha Badie, réalisateur, venu du cinéma, réalisa un feuilleton qui restera un grand succès pour la Télévision algérienne. Il s´agit d´El Harik (l´Incendie) adapté de l´oeuvre de Mohamed Dib. A l´époque, on ne connaissait pas les noms de famille des comédiennes vedettes qui ont été découvertes par le public algérien: les Yakouta, Aïda et une certaine Biyouna, qui n´avait à l´époque que dix-sept ans. Filmé en 16 mm noir et blanc et diffusé en 1974, le feuilleton était composé de 10 épisodes pour une durée globale de 10 heures et 20 minutes. Ce qui était à l´époque un exploit technique en raison de la complexité d´une production de ce genre. Après ce succès, la télévision avait donné son accord pour la réalisation d´un autre feuilleton, 8 années après. Zina, version algérienne des aventures de Antar et Abla, est un feuilleton de 15 épisodes réalisé par Bachir Belhadj. Un feuilleton tourné dans le Sahara et qui met en scène l´antagonisme entre deux tribus bédouines. Il fera surtout découvrir deux nouvelles vedettes du petit écran, Nawel Zaâtar et Abdenour Chelouch. Ces deux comédiens se partageront d´ailleurs la composition dans les deux feuilletons-phares de ce Ramadhan. Depuis, plusieurs réalisateurs se disputent le créneau de Ramadhan pour faire des feuilletons. C´est le cas notamment de Bouchouchi, Baya El Hachemi, Belkacem Hadjadj, Boualem Aïssaoui ou encore Messaoud Laïb. [email protected]