C'est à une gracieuse jeune animatrice, traditionnellement vêtue, qu'a échu le rôle de prononcer les premiers mots de cette manifestation culturelle et artistique. Le public était au rendez-vous malgré une timide médiatisation. La semaine culturelle de la wilaya de Batna à Tizi Ouzou, s´inscrivant dans le cadre du Festival des arts et cultures populaires, a démarré avant-hier, dimanche, à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri, dans une ambiance bon enfant. C´est à une gracieuse jeune animatrice, traditionnellement vêtue, qu´a échu le rôle de prononcer les premiers mots de cette manifestation culturelle et artistique. Cette jeune fille, qui manie à la perfection, aussi bien la langue amazighe que l´arabe classique, a su résumer en des phrases où métaphores et rimes se chevauchaient harmonieusement, l´attachement indéfectible à ses origines berbères. Avec des mots en langue amazighe crue, l´animatrice venue de la région de la Kahina, a restitué, en la résumant, la richesse et la diversité culturelle de sa localité. Elle a surtout dit tout son bonheur ainsi que celui des artistes qui l´ont accompagnée, dans une région si attachée et si fière d´être amazighe. Cette rencontre est une aubaine pour deux communautés berbères de se retrouver et de se découvrir. Dans le hall des expositions de la Maison de la culture, une exposition d´objets ramenés de Batna, permet de survoler les spécificités culturelles de cette wilaya qui emboîte ainsi le pas à Khenchela, invitée de Tizi Ouzou il y a quelques semaines. Le coup d´envoi de cette semaine culturelle, qui s´étalera jusqu´à jeudi prochain, a été agrémentée et égayée avec la prestation magistrale de la troupe folklorique de Batna, constituée de musiciens d´un certain âge, mais qui ont la fougue d´un jeune de vingt ans. Comme quoi, la chanson et la danse ne sont pas l´apanage des jeunes. A pas cadencés et mesurés, les membres de cette troupe, tout de blanc vêtus, ont rallié la grande salle de spectacles où un public curieux les attendait impatiemment. La cérémonie s´est poursuivie avec les belles lettres et la déclamation de poèmes dans la langue berbère. Un jeune homme et une poétesse ont récité des vers venus de leur coeur pour dire l´«honneur de la tribu» berbère et la longue «traversée» de l´histoire de l´Algérie. C´est dans une ambiance somme toute festive, que des artistes se sont succédé sur la scène. Le public Tiziouzéen découvre alors un style musical où l´authenticité chaouie a été relayée par des notes et des touches de modernité qui frise carrément le rock. C´est avec génie que les succulentes voix de Souad Khelfaoui, Djimy Amazighe et Yuba ont fait vibrer la salle pendant plus de deux heures, au grand bonheur d´un public qui a fait montre de satisfaction de découvrir une culture similaire sur le plan de la langue, mais très distincte sur le plan musical. Le programme de cette semaine culturelle se poursuivra, aujourd´hui mardi, avec la présentation d´une pièce de théâtre pour enfants intitulée Le Voyage de Tcharello et animée par Samir Oudjit. Puis, dans l´après-midi, un récital poétique sera donné par Tarek Tabert Zerfa, suivi d´un spectacle de danse animé par des troupes folkloriques de Batna. Simultanément, la grande salle abritera à 15h30 un spectacle théâtral pour adultes avec une pièce intitulée La Direction unique de la troupe des activités de jeunes de la ville de Batna. La cérémonie de clôture est prévue pour jeudi prochain, à partir de 14h, avec un spectacle qui sera animé par la vedette de la chanson chaouie, Massinissa. Notons que les délégations composées de troupes et d´artistes de Batna auront droit à une sortie qui leur permettra de visiter plusieurs coins de la wilaya de Tizi Ouzou.