Le comédien facétieux nous revient avec un nouvel ouvrage publié chez Casbah éditions. Après «De la flûte du berger aux planches sacrées », «Carrefour du destin » et «Parcours miraculeux», le comédien qui s'est mis ces dernières années à rédiger ses mémoires, vient de publier chez Casbah éditions un nouvel ouvrage intitulé Le présent du passé. Un livre qu'il présenta dimanche dernier au palais de la Culture Moufdi-Zakaria de Kouba. En présence d'amis et d'invités, notamment des personnalités du monde de la culture et du petit écran, comme Sid Ali Kouiret, Keltoum, la comédienne et directrice de l'Inad, Sonia, et autres, Mohamed Hilmi a choisi de présenter son livre le jour de son anniversaire. Ou ne serait-ce peut-être qu'une coïncidence? M.Hakim Taoussar, directeur de l'Onda a, dans son allocution d'ouverture, souligné la richesse de la carrière du comédien «déjà pleine, dit-il, de créations dans les arts dramatiques, littéraires et lyriques». M.Taoussar qualifiera Mohamed Hilmi de «grand militant en Algérie du droit d'auteur et ce, bien avant l'indépendance alors que les répertoires dramatiques et musicaux étaient gérés par la Société des auteurs compositeurs dramatiques (la Sacd) et la Société des auteurs compositeurs et éditeurs de la musique (Sacem).» «Il fut également le représentant des auteurs au Syndicat national des auteurs, période durant laquelle il plaida et défendit avec abnégation la cause de ses collègues», confie le directeur de l'Onda. M.Hilmi, nous apprend-on, l'un des fondateurs de l'Office national des droits d'auteur, a eu la mission d'encourager la création dans tous les domaines de la vie culturelle. Il a été, en outre, le premier à se mobiliser quand l'Onda a été exproprié de son siège. Il a été d'ailleurs désigné par ses pairs comme porte-parole du comité de suivi chargé de mener toutes les actions nécessaires pour récupérer le bien des auteurs. Il a été, en outre, membre du Conseil international des auteurs dramatiques audiovisuels et littéraires de la Confédération internationale des sociétés d'auteurs compositeurs (Cisac) et y a représenté honorablement l'Onda et l'Algérie au point d'être désigné comme membre d'un groupe de travail restreint du conseil international pour étudier certaines questions techniques du droit des auteurs dramatiques, littéraires et audiovisuels. L'édition de son dernier ouvrage, Le présent du passé, a été pris en charge par le fonds d'aide à la création du ministère de la Communication et de la Culture. Mohamed Hilmi dit avoir terminé de l'écrire en 1994. Préfacé par le professeur Nabbahi Koribaâ, ce dernier présente ce livre comme un «ensemble de poésies lyriques de définitions lapidaires, de dialogues, de mots d'esprit, de proverbes où l'auteur manifeste la virtuosité de son esprit sagace en donnant libre cours à son imagination fertile ancrée dans le réel». Il est également un témoignage vivant et spontané sur des hommes et des ainsi que des époques, des milieux et des métiers...Dans Présent du passé», on trouve en effet des photos en noir et blanc découvrant nos figures emblématiques du cinéma algérien à l'image de Keltoum, Sid Ahmed Agoumi et Rouiched. «J'avais ressenti comme une obligation morale d'écrire mes mémoires pour préserver l'histoire de l'oubli. J'ai pris cette année deux projets: le livre commandé par le ministère de la Communication et de la Culture et un long métrage pour le compte de la télévision dont le tour de manivelle aura lieu au début du printemps prochain», a, déclaré avec enthousiasme Mohamed Hilmi et de confier à propos de son ouvrage: «Mon livre n'est pas un livre, il contient des facéties, de l'humour et du lyrisme (...). On devient philosophe malgré soi. Peut-on lire la comédie en philosophie?». Mohamed Hilmi fera remarquer que «la culture nous offre un monde fabuleux en marge des tourbillons négatifs qui paralysent l'esprit et marginalisent la pensée». Il rappellera à la mémoire de l'assistance, un des feuilletons qui fera la belle époque du début de la télévision post-indépendance, notamment El Harik (L'incendie), d'après le roman de Mohamed Dib, livre qui a pu être porté à l'écran grâce au réalisateur Mustapha Badie et Abderrahmane Chriet, coopérateur cinéaste du film et ancien directeur de la RTA jadis, qui avait lancé le feuilleton. Pionnier de la radio, Mohamed Hilmi possède à son actif 800 pièces radiophoniques en kabyle et en arabe, dont de nombreuses adaptations de Molière, Dumas, Renard, Plaute et Shakespeare et des Contes des Mille et une Nuits, quatre opérettes, 30 moyens et courts métrages et une dizaine de comédies musicales. Il est également l'auteur de 10 téléfilms de long métrage. A son actif aussi, en tant qu'auteur-réalisateur, six courts métrages et cinq longs métrages dont un film cinématographique «El Ouelf Saïb». Hilmi est enfin le créateur d'une célèbre émission radio sur la Chaîne II, avec Ali Abdoune, Rouiched et cheikh Noureddine. Dans le domaine musical, Mohamed Hilmi est l'auteur-compositeur de 70 chansons dont une trentaine humoristiques enregistrées pour la radio et en 45 tours.