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La géographie par la gastronomie
ZLABIA À BOUFARIK, CHERBET À BLIDA, VIANDE À DJELFA...
Publié dans L'Expression le 15 - 07 - 2013

On vient de très loin pour acheter la zlabia de Boufarik
Une véritable aventure culinaire. Les Algériens n'hésitent pas à parcourir des kilomètres pour acheter les ingrédients nécessaires pour un f'tour...presque parfait.
«Ma zlabia est de Boufarik, ma cherbet est de Blida, mes cailles sont de Lakhdaria, ma viande est de Djelfa, mon poisson de Zemmouri...». Ce n'est pas une «boukala» de Ramadhan, mais la liste des achats de certains Algérois. En effet, par gourmandise ou à cause des effets secondaires du jeûne, ils n'hésitent pas à parcourir des kilomètres pour acheter les ingrédients nécessaires pour un f'tour de Ramadhan... presque parfait. Voici quelques-unes de ces aventures culinaires racontées par les citoyens. Appréciez plutôt....
Farid, la quarantaine. Marié, père de deux enfants, employé dans une société nationale et vivant à Bab Ezzouar (banlieue est d'Alger), il fait tous les jours près de 50 km vers l'Ouest pour acheter de la zlabia. (confiserie traditionnelle algérienne). Ni les longs trajets ni les encombrements n'empêchent Farid d'atteindre son objectif qui est la zlabia de Boufarik (wilaya de Blida). «C'est la meilleure zlabia au monde, je ne peux pas passer un Ramadhan sans la zlabia de Boufarik», soutient-il en précisant qu'il n'est pas le seul à venir jusqu'à Boufarik pour acheter cette confiserie. «Les bouchons sont interminables dans cette ville pendant le Ramadhan. Plusieurs centaines de personnes prennent d'assaut la ville pour y acheter cette zlabia qui a fait la réputation de Boufarik. Je rencontre d'ailleurs souvent des proches, des voisins ou des collègues», rapporte notre ami. Il est vrai que la zlabia de Boufarik est un label. Mais les heures d'embouteillage en valent-ils la peine? «Non, ça me permet aussi de passer le temps. Que vais-je faire à la maison?», explique-t-il. D'ailleurs, il nous révèle que son aventure ne s'arrête pas à Boufarik, puisqu'il continue jusqu'au chef-lieu de la wilaya de Blida pour acheter de la cherbet (citronnade traditionnelle algérienne).
La volaille de Magtaâ Kheïra
En parlant de cherbet, Alilou, propriétaire d'un bureau de tabacs, la trentaine dépassée, se rendait aussi souvent à Blida pour en ramener. «Je faisais tous les jours Aïn Taya- Blida juste pour la cherbet. Avec les embouteillages, il m'arrivait souvent d'arriver après l'Adhan», avoue-t-il. Mais cette année, Alilou a plus ou moins raccourci le chemin. «On m'a parlé de la cherbet de Birtouta (banlieue ouest d'Alger). Effectivement, elle est aussi bonne que celle de Blida. Donc cela me fait gagner quelques kilomètres en évitant d'aller jusqu'à Blida», souligne-t-il. Et comme pour Farid, avec la zlabia, Alilou nous fait savoir qu'il y a un monde fou venu des quatre coins de la capitale et ses banlieues pour la douceur de cette cherbet.
Dans les mêmes environs, Magtaâ Kheïra (commune de Douaouda, wilaya de Tipasa), on y va pour la dinde et le poulet. Dans ce haut lieu d'abattage de volaille à ciel ouvert, on trouve les viandes blanches à moindre coût. Sur toutes les routes de cette commune décorée de...plumes, on trouve de la volaille en vente. Halim le sait bien. Les conditions d'hygiène ne le rebutent pas. «Je sais que c'est frais et en plus avec mon faible revenu, cela me permet de faire des économies», avoue-t-il. «Li mayaktalche issamane», rétorque avec humour cet infirmier qui vient de Bab El Oued.
350 km, pour la viande made in Djelfa
Toutefois, les déplacements de Farid, Alilou et Halim ne sont rien comparés à certains qui se rendent jusqu'à Djelfa pour acheter de la viande. Nous avons retrouvé l'un d'eux. Il s'agit de Fethi, père de famille, fonctionnaire, qui, tous les vendredis du mois de Ramadhan, part dans sa voiture avec ses amis pour parcourir plus de 350 km afin d'acheter de la viande. «Je n'ai rien à faire le vendredi. Donc tôt le matin, je pars avec mes amis à Djelfa pour faire le plein de viande pour la semaine», atteste-t-il. Le passe-temps n'est pas la véritable motivation de Fethi. «C'est surtout pour la qualité de la viande qui est meilleure que celle qu'on nous vend à Alger. En plus, les prix sont beaucoup plus bas», soutient-il.
Pendant que certains se rendent à Djelfa pour la viande, d'autres prennent la direction opposée en partance pour Zemmouri (wilaya de Boumerdès, est d'Alger). Ils ne se rendent pas dans cette ville juste pour admirer ses côtes, mais surtout pour profiter du goût de la mer, le poisson. «Le poisson et la crevette de Zemmouri sont très réputés. Je suis un amateur de bourek au poisson. Alors pour que ma mère me prépare le meilleur bourek qui puisse y avoir, je lui ramène le meilleur poisson qu'il y a. Quitte à parcourir des dizaines de kilomètres», rapporte Faycel, jeune, célibataire, employé dans une banque privée. Fayçal qui habite à Belouizdad tient à préciser que l'année dernière il se rendait à Bouharoun (Wilaya de Tipasa, Ouest d'Alger) pour acheter ce fameux poisson. «Mais j'ai découvert le poisson de Zemmouri qui est moins cher et surtout meilleur», témoigne-t-il non sans préciser que Zemmouri et Bouharoun sont l'une comme l'autre deux destinations très prisées par les Algérois pendant le Ramadhan pour y acheter du poisson.
Le persil et la coriandre de Bordj Menaïel
Autre histoire encore plus drôle, celle que nous raconte Fella à propos de son frère Mehdi. Très gourmand, ce dernier devient comme un fou pendant le mois de Ramadhan. Il achète tout et n'importe quoi. Le Ramadhan a des effets désastreux sur lui. Dès qu'on lui parle d'un quelconque produit alimentaire nouveau ou d'une certaine qualité, il va directement l'acheter. «Sa dernière trouvaille est d'être allé d'El Harrach où il habite, jeudi dernier, deuxième jour du Ramadhan, jusqu'à Bordj Menaïel (70 km, wilaya de Boumerdès, à proximité de Tizi Ouzou), juste pour acheter du persil et de la coriandre, car on lui a dit que ceux de Bordj Menaïel étaient meilleurs et avaient de plus grandes feuilles!», relate-t-elle. «Oui, vous avez bien entendu. Il a même fermé son magasin de pièces détachées pour s'y rendre. Mais on le connaît, donc on ne s'inquiète pas pour sa santé mentale!», ajoute Fella avec humour. A Lakhdaria (ex-Palestro, wilaya de Bouira), on se rend à ses célèbres gorges pour les cailles! Sur ces routes montagneuses, le commerce de la caille a fleuri. On en vend partout, c'est même devenu une spécialité. Ce qui n'a pas échappé les amateurs qui viennent même d'Alger et de sa banlieue pour se les offrir. Et cela malgré les légendaires bouchons au niveau de cette route montagneuse.
Ça peut tourner au drame
C'est le cas de Mustapha. originaire des environs, vivant à Aïn Naâdja (banlieue ouest d'Alger). Amateur de cailles, dès qu'il a le temps, cet architecte, père de famille, se rend aux gorges de Palestro pour choisir ses cailles. «Là-bas, on les choisit alors qu'elles sont encore vivantes, et on nous les égorge sur place.
Comme ça au moins on est sûr qu'elles sont fraîches. Elles ont meilleur goût que celles que l'on nous vend à Alger», certifie-t-il en soulignant que les lapins et les pigeons on en trouve aussi. Néanmoins, malgré l'aspect drôle et burlesque de ces histoires, certaines d'entre elles ont tourné au drame. «Il y a de cela 4 ou 5 ans deux jeunes n'ayant pas dépassé la trentaine étaient venus pendant le mois de Ramadhan pour acheter des cailles au bord de la route des gorges de Palestro. Au moment où ils étaient en train de les choisir, un camion dérape et les tuent (le vendeur et les deux jeunes) sur le coup. Allah yarhamhoum», témoigne, les larmes aux yeux, Mustapha.
Voilà donc quelques histoires drôles de nos jeûneurs. Ils sont capables de faire des dizaines, voire des centaines de kilomètres pour satisfaire leur estomac. C'est ça l'effet Ramadhan...


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