Les travailleurs de la direction des transports de la wilaya de Tizi Ouzou comptent entrer dans un mouvement de grève illimité à partir du 11 mars. C'est en tout cas ce qu'a annoncé la section syndicale de ces employés dans une déclaration rendue publique hier. Un préavis qui annonce un débrayage motivé par une multitude de causes énumérées d'ailleurs dans le document remis à la presse. Les employés en colère accusent ouvertement la directrice d'entraver le libre exercice du droit syndical. Après cet éclairage global sur ce qu'ils considèrent comme une injustice, les travailleurs de la direction des transports énumèrent dans le détail les multiples entorses qu'aurait commises la directrice du secteur. Tout d'abord, ces derniers lui reprochent d'avoir exclu un membre élu de la commission paritaire du jury de proclamation des résultats définitifs des concours sur titre organisés par la direction durant l'année 2013. Puis, c'est le non-respect de plusieurs accords conclus entre la section syndicale et la première responsable du secteur qui soulèvent l'ire des grévistes. Ils lui reprochent en effet de n'avoir pas accédé aux doléances des travailleurs contenues dans la plate-forme de revendications déposée en avril 2013 et examinée le mois d'octobre 2013. La directrice aurait, selon le syndicaliste enfreint également l'accord conclu le mois de mai 2013 relatif à la périodicité des réunions. Elle aurait même, poursuivent-ils, négligé le recrutement d'un inspecteur des transports et d'une femme de ménage. La longue liste des reproches faits à la direction s'allonge en l'accusant aussi de gérer de manière inique et unilatérale marquée par des méthodes de travail approximatives basées sur l'esprit verbal des instructions. Celle-ci aurait même substitué les prérogatives du chef de service et du chef de bureau par un agent du pré-emploi. La présence de personnes étrangères au sein de leur direction, ajoute la déclaration, inquiète au plus haut niveau les travailleurs qui craignent pour leur sécurité. En tout état de cause, les travailleurs contestataires considèrent que les portes du dialogue restent ouvertes pour trouver des solutions à tous les problèmes soulevés. Enfin, il est à souligner que la colère des travailleurs du secteur des transports est précédée depuis fort longtemps par la colère des populations. Les mesures prises depuis quelques années et l'entrée en vigueur du nouveau plan de transport de la ville de Tizi Ouzou ont causé des désagréments aux citoyens. D'ailleurs, l'anarchie n'a pas encore totalement disparu et il n'y a qu'à voyager pour le constater. La création et la répartition des lignes constituent le point noir de ce secteur. Et, à l'évidence, se rabattre sur les taxis n'est pas du tout une bonne idée. Ces derniers qui sont, eux également, en conflit ouvert avec la direction des transports, exercent dans la clandestinité plus que dans la légalité. Récemment, une grève a d'ailleurs été observée par ces derniers pour exprimer leur refus d'appliquer la nouvelle réglementation.