La crise du FLN s'approfondit davantage puisque le déchirement se poursuit, le conduisant sans aucun doute vers une impasse, si ce n'est pas vers l'affrontement. Rien ne va plus dans la maison du vieux parti qui se prépare activement à célébrer son 60e anniversaire et celui du déclenchement de la guerre de Libération nationale. Rien ne semble persuader ses militants locaux en dépit de toutes les actions menées ces derniers jours en vue de ressouder les rangs des bases locales pour se lancer dans le cadre d'une nouvelle politique se voulant être «réunificatrice». La nouvelle configuration de la carte politique du FLN et la mise en place de trois mouhafadhas dans la wilaya d'Oran ne semblent pas faire l'unanimité parmi les rangs des bases militantes. Ceci dit, la mise en place de trois mouhafadhas et la composante humaine les guidant sont remises en cause de bout en bout. «Que nenni», semblent vouloir les militants de la kasma II guidée par la figure de proue, l'imperturbable Mohamed Fréha. «Les militants et cadres de notre emblématique kasma ont été exclus des mouhafadhas depuis que nous nous sommes démarqués des positions de Saâdani tout en dénonçant ses déclarations incendiaires qu'il a faites contre l'Armée à l'aube de la dernière élection présidentielle», a indiqué un militant de base. Et Mohamed Fréha de lui emboiter le pas en déclarant que «marginaliser toute une kasma dépasse tous les seuils de l'entendement vu le rôle important qu'ont joué ses militants authentiques». Se regroupant hier devant l'enceinte de la mouhafadha d'Oran, plusieurs protestataires remettent en cause tout le travail mené par l'envoyé spécial de la hiérarchie centrale de l'ex-parti unique, en l'occurrence Mazzouz Mustapha. Ce dernier, ayant joué un rôle important dans l'élargissement de la mouhafadha d'Oran, a été au centre des critiques acerbes lancées par les protestataires l'accusant d'avoir installé et conduit des éléments «benflissistes» ainsi que des «opportunistes» et des «ennemis» du parti connus dans la cité. «Ceux-là veulent occuper plusieurs postes clés dans les trois mouhafadhas d'Oran», a-t-on dénoncé. «Il n'est pas question que des éléments de Benflis ou encore des opportunistes soient revenus par la grande porte alors qu'ils sont sortis par la petite porte en portant allégeance aux gens qui ont tout fait pour mettre à plat les bases locales du parti», s'est indigné un autre cadre militant affilié à la kasma II ajoutant que «le FLN appartient aux vrais militants ayant maintenu les bases locales dans les périodes difficiles qu'il a traversées». La crise du FLN dans la wilaya d'Oran n'est plus latente. Elle s'approfondit davantage puisque le déchirement que vit le vieux parti ces dernières années se poursuit de plus belle, le conduisant sans aucun doute vers une impasse, si ce n'est pas vers l'affrontement entre militants. Le dernier (affrontement) en date a eu lieu à l'occasion d'une rencontre devant se tenir récemment dans la kasma 8 d'Oran autour d'un seul mot: l'unification des rangs du parti FLN et les discussions sur des préparatifs du 10e congrès de ce parti prévues en 2015. La rencontre devait se tenir en présence de Abdelkrim Abada. Les chaises ont «volé» au siège de la kasma devant abriter la rencontre lorsque des agents de sécurité de la mouhafadha d'Oran ont fait irruption dans la salle située dans les environs du quartier de Choupot. Surpris par cette «intrusion», les participants ont commencé à quitter précipitamment les lieux de peur de recevoir une chaise sur la tête. Les agents de sécurité, sans crier gare, ont saisi et jeté les chaises sans pour autant respecter les invités ni la souveraineté de l'endroit où commence l'enseignement des doctrines d'un Etat de droit. Dans cette «intrusion» surprenante et quelque peu violente, les agents de sécurité sont allés jusqu'à demander aux journalistes d'exhiber leurs ordres de mission avant de sommer les présents à quitter les lieux prétextant que «la rencontre n'a pas eu l'aval de la mouhafadha d'Oran».