L'opposante chiite bahreïnie Maryam al-Khawaja a été condamnée hier à Manama à un an de prison pour l'agression d'une policière, a annoncé l'un de ses avocats, Mohamed al-Jishy. Ce verdict a été rendu par un tribunal bahreïni «en l'absence de l'accusée et de sa défense», a ajouté l'avocat. Il a précisé que Mme Khawaja séjournait à Londres après avoir obtenu le 1er octobre dernier une levée de l'interdiction qui lui était faite de quitter Bahreïn. Dotée d'une double nationalité bahreïnie et danoise, Mme Khawaja, co-directrice du Gulf Center for Human Rights, avait été arrêtée le 30 août dernier à l'aéroport de Bahreïn, alors qu'elle venait rendre visite à son père, l'opposant Abdel Hadi al-Khawaja, condamné à la prison à vie pour complot contre l'Etat. Il venait d'entamer une grève de la faim qu'il a interrompue depuis. Maryam al-Khawaja avait bénéficié d'une liberté conditionnelle le 18 septembre dernier après 20 jours de détention. Selon Me Jishy, «une plainte pour torture» dont sa cliente aurait été victime lors de son arrestation a été rejetée par le parquet de Bahreïn, «alors que cette plainte est soutenue par un rapport médical». Dans un communiqué publié dimanche, Mme Khawaja a annoncé qu'elle avait décidé de «boycotter» l'audience d'hier car «il est impossible d'avoir un procès juste et indépendant» à Bahreïn. Maryam al-Khawaja s'est largement fait l'écho à l'étranger des critiques contre les autorités de Manama qui tentent d'étouffer un mouvement de contestation né dans la foulée du Printemps arabe et animé par la majorité chiite qui réclame une monarchie constitutionnelle à Bahreïn.