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La "Révolution tranquille"
QUEL PRESIDENT LES TUNISIENS ELIRONT-ILS AU 2E TOUR?
Publié dans L'Expression le 21 - 12 - 2014

Un scrutin ô combien important pour les Tunisiens!
Le prochain président devra relever ce défi qui ne s'annonce pas comme une mince affaire. Tous les espoirs restent cependant permis malgré l'ampleur et les difficultés de cette mission.
La Tunisie a observé hier une journée de «silence électoral». Les choses sérieuses
commencent aujourd'hui: le scrutin historique pour le second round de la présidentielle opposera le président sortant et le leader du premier parti majoritaire au Parlement. Ce dernier carré doit achever quatre années de transition après la fuite de l'ex-président Ben Ali. Quelque 5,3 millions de Tunisiens -à moins d'un taux important d'abstention- sont appelés, aujourd'hui, à choisir soit «le fou» (Marzouki), soit «le vieux» (Caïd Essebsi) après une campagne acrimonieuse. Il est peu probable, en tout cas, que les résultats pourraient être connus dès demain, contrairement à ce qu'a annoncé l'instance électorale (Isie) qui a cependant jusqu'au 24 décembre pour annoncer l'identité de celui qui occupera le Palais de Carthage et qui aura l'insigne honneur de conduire le destin de la Tunisie pour les cinq prochaines années. Pour la sortir de l'ombre à la lumière. Pour la sortir d'une crise multiforme qui a failli emporter jusqu'à ses institutions.
Le prochain président devra relever ce défi qui ne s'annonce pas comme une mince affaire. Tous les espoirs restent cependant permis malgré l'ampleur et les difficultés de cette mission. Rappelons, toutefois, que les pouvoirs du futur chef de l'Etat ont été largement limités dans la Constitution adoptée en janvier 2014 afin d'éviter un retour à la dictature. Ce qui représente un gage solide pour pouvoir affirmer que la Tunisie possède tous les atouts pour retrouver sa splendeur d'antan. Quel que soit le gagnant de ce second tour pour la fonction suprême, il reviendra au parti de M.Caïd Essebsi, donné favori de cette élection historique, de former le prochain gouvernement et il devra après le scrutin s'atteler à former une coalition stable pour diriger le pays. «Il reste l'essentiel: la nécessité absolue pour les deux candidats d'accepter le résultat que livreront les urnes», résume dans ce contexte le journal La Presse.
Car Moncef Marzouki, qui s'est posé en défenseur de la révolution face au retour des tenants des anciens régimes, Habib Bourguiba, le premier président, et de Zine El Abidine Ben Ali, renversé en 2011, a accusé son adversaire de préparer des fraudes. Or, M.Caïd Essebsi, qui a servi Bourguiba comme Ben Ali avant de devenir quelques mois Premier ministre après la chute du régime Ben Ali, s'est, lui, posé en homme providentiel, seul à même de réparer les dégâts causés par les islamistes d'Ennahda, au pouvoir de 2012 à début 2014, et leur allié, M.Marzouki, qualifié «d'extrémiste et allié des djihadistes».
Le centre de réflexion International Crisis group (ICG) a relevé dans un rapport publié vendredi dernier que les propos «parfois incendiaires des finalistes» ont conduit à «la confrontation de ces opinions tranchées qui se nourrissent des blessures du passé». Selon ICG, perdant et gagnant doivent s'engager à pacifier le climat politique et éviter ainsi un retour aux écueils du passé. «Face à la maigre récolte du 'printemps arabe'', la Tunisie reste le dernier espoir d'une transition démocratique réussie. Elle a tout intérêt, comme ses soutiens, à confirmer son exception», souligne le rapport.
D'autant que quelques jours avant le scrutin, la Tunisie a vu ressurgir l'hydre djihadiste, des combattants tunisiens du groupe Etat islamique sévissant en Irak et en Syrie ayant revendiqué les assassinats des personnalités anti-islamistes Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi en 2013.
Enfin, afin d'assurer le 2e tour de l'élection présidentielle, le porte-parole du ministère de la Défense Belhassan Oueslati a indiqué dans une déclaration à la radio Shems FM que 28.000 militaires ont été déployés pour sécuriser les bureaux de vote et les bureaux de l'Isie. 8000 autres auront pour mission l'intervention rapide. D'autre part, le porte-parole du ministère de l'Intérieur Mohamed Ali Aroui a assuré que 60.000 agents de sécurité ont été déployés pour assurer l'opération électorale. Suite à la décision de l'Isie d'interdire la présence des représentants et des observateurs dans la cour des centres de vote, le président de l'organisation I Watch, Achraf Aouadi, a affirmé hier lors d'un point de presse que cette décision est absurde surtout que certaines parties mettent en doute la transparence des élections. Il a ajouté qu'il espère que l'Isie revienne sur sa décision dans les 24heures.


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