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A qui profite la gratuité des soins?
Publié dans L'Expression le 26 - 02 - 2015

La question peut surprendre. Pas le président de l'Ordre des médecins qui défendait, hier, encore et encore la gratuité des soins pour tous dans les hôpitaux publics. Tout en zappant la qualité des soins. Voyons voir pourquoi!...
Pétrole et hôpital. Le président de l'Ordre national des médecins se fait le défenseur de la médecine gratuite dans notre pays. Il l'a encore répété, hier à la radio. Personne ne peut contester l'accès aux soins qui est garanti par la Constitution. Mais l'accès ne veut pas dire «à l'oeil». Humainement, il est difficile aussi d'être contre des soins pour tous. C'est beau, les principes! Sur le terrain c'est différent. Les structures de santé existent et fonctionnent grâce à des financements. Si ce n'est pas le malade, c'est quelqu'un d'autre. Autrement dit, l'Etat. Ou plus exactement le contribuable puisque les caisses de l'Etat sont les siennes. Et c'est là où il faut faire l'effort de voir de plus près cette «générosité» du premier médecin algérien. A-t-il vraiment l'âme d'un saint-bernard? Est-il si sensible pour vouloir «soulager» à la fois les malades et les caisses de l'Etat? Qu'il nous soit permis de douter et d'essayer de rétablir quelques vérités. Près de 400 milliards de dinars sont prévus cette année pour le fonctionnement de nos hôpitaux et des autres structures de santé (polycliniques, centre de santé, etc.). Pour plus de précision cela fait 40.000 milliards de centimes. En devises c'est l'équivalent d'environ 4 milliards d'euros. Cette année, le budget de la «santé» a été augmenté par rapport à l'année dernière où il était à «seulement» 366 milliards de dinars. Démographie oblige ainsi que les nouvelles réalisations hospitalières. On ne peut pas dire que l'Etat lésine sur les moyens pour maintenir la gratuité des soins. Donc, le président de l'Ordre des médecins n'a pas à s'inquiéter pour l'immédiat. On se demande même pourquoi il a insisté sur ce sujet hier. Peu importe. Il ouvre un dossier, suivons-le. Posons d'abord les aspects positifs de cette gratuité. L'ensemble des 40 millions d'Algériens peuvent aller à n'importe quelle heure et à n'importe quel hôpital se faire soigner sans rien débourser. L'essentiel est d'en ressortir guéris. On a failli dire d'en ressortir vivants. Ce qui, précisément et dans l'état actuel des choses, n'est pas toujours évident. Pour ne pas remuer le couteau dans la plaie, nous ne reposerons pas le problème de la qualité des soins prodigués. Le problème est de notoriété publique. Si ce n'est pas faute d'argent comme nous l'avons vu, alors pourquoi? Avant d'y répondre ajoutons que le ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, en visite dans la wilaya de Tipasa avait annoncé, en décembre dernier, que 622 établissements hospitaliers du pays étaient endettés et qu'ils allaient bénéficier d'un effacement de leurs dettes. 25 milliards de dinars pour les seules créances de médicaments dues à la PCH (Pharmacie centrale des hôpitaux). C'est dire que le gouffre n'a pas de fonds. Et surtout sans incidences positives sur la qualité. Au contraire. Tout cela, le président des médecins le sait. D'aucuns pourraient penser qu'il s'agit simplement d'un problème de gestion et de management. Pour une part certainement, mais il n'explique pas tout. Quoiqu'il en soit une telle situation profite surtout aux structures privées. Comme tout est relatif, ces structures se sont fait une réputation d'offrir une meilleure qualité. On dit bien réputation. Autre précision, il ne s'agit pas de l'acte médical proprement dit mais surtout de la partie hôtellerie. Les praticiens des cliniques privées viennent du secteur public. Quelques-uns ont un pied dans chacun des deux secteurs. Ainsi, la même intervention chirurgicale qui est gratuite dans un hôpital public coûte des dizaines de milliers de dinars dans une structure privée. Ce n'est là qu'un des côtés pervers de la gratuité que défend le président de l'Ordre national des médecins. Ce côté pervers qui «tire vers le bas» l'hôpital public. Le jour où la notion de justice sociale pénétrera l'enceinte des hôpitaux publics, ce jour-là notre système de santé sera sauvé. Cette notion qui séparera le nanti du nécessiteux. Et lorsque l'argent du malade nanti ira dans les caisses de l'hôpital public comme dans celles du privé, la qualité pourra remonter à la surface. Non seulement le «passage» des malades du public vers le privé cessera mais, de plus, les équipements du public tomberont moins «malades». Idem pour les quantités des consommables du public qui «s'évaporent». Bref, tout ceci est archiconnu par l'ensemble des Algériens. Si vraiment c'est le souci d'une meilleure prise en charge des malades qui anime le premier médecin du pays, il devrait défendre le modèle de grande protection sociale qui a cours dans certains pays avancés. Quand on est milliardaire on ne va à la «soupe populaire». Et pour améliorer cette «soupe» pour ceux qui en ont vraiment besoin, il faut de l'argent. Les ressources de l'Etat ne sont pas intarissables. La récente chute du prix du baril donne matière à réflexion. Il faut d'ores et déjà penser à d'autres sources de financement pour la santé publique. Tout en maintenant l'accès aux soins à tous les Algériens. A ceux du chéquier. A ceux de la carte chiffa et enfin à ceux de la carte de la solidarité nationale. Vous verrez, Monsieur Bekkat, que ce jour-là la voie de l'excellence sera enfin ouverte à nos hôpitaux publics. Au grand bénéfice des malades. De tous les malades!
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