Situé à 3 km à l'est de Boumerdès, le village d'El Kerma (ex-Figuier) est réputé pour ses plages, ses criques, ses centres de colonies de vacances, ses forêts et ses grottes. La population, qui ne cesse d'augmenter, avoisine aujourd'hui les 5000 habitants. De nouvelles cités poussent comme des champignons, notamment à l'est et au sud du village. Mais les projets d'amélioration de l'espace vital n'ont pas encore été concrétisés. Jouxtant un bidonville et (actuellement) deux sites de chalets dressés au profit des sinistrés du séisme du 21 mai 2003, de nombreuses ruelles sont dans un état de dégradation avancée. Réceptionnés au début des années 90, d'autres immeubles font face à des terrains vagues, délabrés. «Qui peut vivre dans ces lieux poussiéreux en été et bourbeux en hiver?», s'inquiètent de nombreux habitants. L'agglomération dispose (maintenant) de deux kiosques multiservice. Et certains ont même pu installer chez eux le téléphone, alors qu'auparavant, tous les gens du village étaient contraints, en cas d'urgence, de se déplacer jusqu'au chef-lieu de la wilaya pour donner un coup de fil. Certes, le problème d'eau est quasiment réglé ! Mais ces villageois souffrent encore du manque de commodités. Contrairement aux centres urbains voisins, ce grand village côtier n'est pas encore raccordé au gaz de ville. «En hiver, le prix d'une bouteille de gaz butane dépasse les 200 DA, sans compter les frais de transport», se plaint un quinquagénaire. Selon notre interlocuteur, aucun projet n'est encore lancé pour résorber le chômage qui touche beaucoup plus les jeunes, certains tentent de s'en sortir en s'adonnant à la pêche. Plus nombreux, d'autres tournent en rond devant la mosquée du village ou à proximité du café situé en bordure d'un chemin de wilaya. En bas, la grande bleue où ils font trempette pour dissiper leurs soucis durant la saison estivale. D'autres encore s'inventent sans doute moult expédients pour échapper à la morosité. Il y a, certes, en théorie, une section de judo qui a dû mettre la clé sous le paillasson, il y a quelques années, faute de moyens et d'encouragements de la part des pouvoirs publics. En attendant la réalisation de structures adéquates où les jeunes pourront donner libre cour à leurs penchants artistiques, le temps passe et les fléaux sociaux guettent les jeunes telle l'épée de Damoclès.