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Le couffin du Ramadhan...
Publié dans L'Expression le 04 - 06 - 2015


Un curieux concours de circonstances, avec la baisse drastique du prix du pétrole et une mercuriale qui flambe, fait que le jeûne de l'année 1436 risque d'être aussi difficile qu'il l'a été ces dernières années pour une certaine catégorie de citoyens qui éprouvent déjà toutes les peines du monde pour joindre les deux bouts. Les choses ne changent pas pour les pauvres. Mais, comme le soutenait mordicus un ministre, il y a quelques années, il n'y «a pas de pauvres» en Algérie. N'est-ce pas? Il est vrai qu'à l'époque, l'Algérie disposait d'un portefeuille très confortablement rempli. Or, il n'en est plus question aujourd'hui, alors que la crise est là, que les prix du baril de pétrole ne cessent de s'effondrer. Alors les pauvres, parlons-en! Peut-on dire [aujourd'hui] que la manne pétrolière accaparée par une coterie - qui s'est sucrée sur le dos du peuple - n'ait pas profité à tous? Même la classe dite «moyenne» tend à se résorber et à se fondre dans le «no man's land» de la pauvreté. Il existe surtout une petite classe très aisée quand l'immense majorité de la population souffre de fins de mois pénibles. Doit-on s'interroger sur ce qui a été fait d'une manne qui n'aura, au final, que peu servi au développement du pays par la création d'entreprises qui engendrent l'emploi et la prospérité? Les grands chantiers du siècle - où même la main-d'oeuvre a été importée de l'étranger - ont absorbé des sommes folles, qui ne se justifient pas totalement puisqu'une grande partie a été engloutie dans les pots-de-vin et la corruption. C'est donc cette triste image que donne l'Algérie du Ramadhan 1436, marquée par de grands et petits procès pour cause de corruption. Or, peu de grands requins prédateurs se trouvent à la barre de la justice, où les lampistes jouent les guest-stars. C'est aussi dans cette Algérie qui s'enorgueillissait de son matelas financier que le Snmg (Salaire national minimum garanti) à 12.000 DA (revalorisé depuis à 18.000 DA) était le plus bas du monde. Qui peut vivre avec 18.000 DA mensuels quand la pomme de terre affiche 100 DA le kg ou la tomate 150 DA? A part ça, les Algériens ne sont pas pauvres! C'est du moins ce qu'estimaient les responsables politiques, pour lesquels, sans doute, une famille moyenne de quatre ou six membres pourrait vivre correctement avec cette obole de 18.000 DA mensuels. Mais en fait, la question de la pauvreté se pose-t-elle lorsque chaque année, en ce mois de piété, l'Etat [qui a institué le «couffin du Ramadhan»] mobilise ses services aux fins de venir en aide aux nombreuses familles démunies? Si la République consacre une aide spécifique à cette catégorie de citoyens, la raison en est simple: la pauvreté est patente, même si elle est reconnue en pointillé par l'Etat. Paradoxalement, un autre ministre de la République - à l'époque où son collègue niait la pauvreté - chiffrait pour sa part cette catégorie de la société à près de 1,5 million de familles. Ce qui fait quand même pas loin de 6 à 7 millions de démunis en Algérie. En 2015, ce nombre est estimé à un peu plus de 10 millions. Ce qui représente plus du quart de la population. Enorme! Mais pourquoi se focaliser sur ces pauvres gens, seulement durant le mois sacré, alors qu'ils souffrent le martyre le reste de l'année pour subvenir aux besoins de leurs familles? Pourquoi s'en cacher: si effectivement il y a des Algériens repus, auxquels rien ne manque, l'immense majorité de la population peine à faire bouillir la marmite. C'est tellement vrai qu'il suffit de voir ces cohortes de femmes devant les «monts-de-piété» pour gager leurs biens les plus précieux, qui leur permettront de subsister chichement une semaine ou un mois. Il fallait vraiment être pauvre pour que des familles se voient contraintes de recourir à ces expédients, sans être assurées de pouvoir rembourser leur dette et/ou récupérer leurs biens. C'est celle-là en fait la réalité de l'autre Algérie sur laquelle un voile pudique est jeté. Sur laquelle aussi on ne veut pas trop s'appesantir, surtout maintenant que l'Etat qui se glorifiait d'un matelas de 200 milliards de dollars - inégalement répartis, dont les retombées ne sont pas trop visibles sur le niveau de vie des Algériens - demande aux citoyens de se serrer la ceinture. Ce qui est regrettable est le fait qu'il n'existe pas de statistiques fiables sur ces citoyens de seconde zone et sur la pauvreté en Algérie. La paupérisation d'une partie, de plus en plus importante, de la population, notamment dans les régions rurales, est un fait évident, même s'il n'est toujours pas admis par les décideurs. Quand l'Etat distribue les couffins du pauvre, lorsque la banque ouvre des services de prêts il y a, à tout le moins, urgence à revoir le fonctionnement de la gouvernance du pays. Doit-on considérer que l'Algérie est plus proche du sous-développement ou qu'elle avance à grands pas vers le statut de pays émergent comme s'évertuent à le déclarer certains de ses dirigeants?

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