img src="http://www.lexpressiondz.com/img/article_medium/photos/P151102-05.jpg" alt=""Ecrire, c'est faire de la politique autrement"" / Quand un écrivain a déjà exercé en qualité de haut cadre de l'Etat, il a sans doute plus de succès auprès des lecteurs qui visitent le Salon international du livre d'Alger. On l'a vérifié à maintes reprises et on l'a encore confirmé davantage lors de la séance de vente-dédicace qui a été assurée par Karim Younès. Ce dernier, pour rappel, est l'ancien président de l'Assemblée populaire nationale (APN). En réalité, Karim Younès ne s'est pas complètement converti en écrivain et il n'a pas du tout troqué sa carrière politique contre celle d'auteur, commençant à devenir prolifique d'ailleurs. Et pour cause, nous explique-t-il entre deux signatures de ses livres, l'écriture, telle qu'il la pratique, est une manière d'exercer la politique autrement. Quand à 14 h 30, Karim Younès arrive au stand des Editions Casbah, l'un des plus convoités au Sila, faut-il encore le rappeler, ses lecteurs sont déjà là depuis un moment. Des jeunes, des moins jeunes et des personnes d'un certain âge s'agglutinent autour de lui, le nouveau livre de ce dernier à la main. Il s'agit de «La chute de Grenade ou la nouvelle géographie du monde». Cet ouvrage est la suite chronologique logique des deux livres précédents écrits par Karim Younès. «L'ensemble, c'est-à-dire les trois livres, constituent une remontée vers les origines de notre pays et son Histoire à laquelle j'ai joint des réflexions et des témoignages personnels sur la période récente», nous explique Karim Younès. Notre interlocuteur ajoute qu'il s'agit bien d'un récit historique qui rappelle que notre existence au sein de l'humanité, loin d'être usurpée, est riche de souvenirs qui justifient la fierté et inspirent le respect. «Je retiens deux choses. Nous avons été des passeurs d'humanisme, mais c'est l'Occident qui en a tiré profit pour entrer dans ce qu'on appelle communément la Renaissance. Nous avons jeté un pont vers la modernité et c'est l'Occident qui l'a emprunté», étaye Karim Younès. Ce dernier s'interroge: «Comment ne pas manifester un cruel ressentiment devant la perte de l'héritage intellectuel de l'Andalousie qui a disparu au début du XVIe siècle? Quelles en étaient les causes et surtout à qui a profité «le crime»? C'est l'objet de ce livre: «La chute de Grenade ou la nouvelle géographie du monde». En plus de ses lecteurs, et ils étaient des dizaines, Karim Younès a aussi eu droit à la visite de l'ambassadeur de France en Algérie, qui a tenu à lui présenter ses félicitations à l'occasion de la parution de son nouveau livre et à lui souhaiter également une bonne séance de signatures. Passant allègrement du kabyle à l'arabe ou au français, le sourire constamment esquissé, Karim Younès a répondu avec une marque de disponibilité à toutes les questions que lui posaient ses lecteurs et les journalistes présents à la séance de vente-dédicace dont celle de L'Expression: «Est-ce qu'on peut dire que vous avez troqué votre carrière politique contre celle d'écrivain?». Karim Younès réplique: «L'écriture est la continuité de la politique. Ecrire, c'est faire de la politique autrement. Lorsqu'on invite la nouvelle génération à connaitre notre passé, elle comprendra mieux son présent et envisagera une meilleure politique pour l'avenir.» Il y a lieu de noter enfin que compte tenu de la grande affluence de la part de ses lecteurs, Karim Younès était encore là au stand de Casbah Editions jusqu'à après 17 h 30. Karim Younès n'a pas eu seulement à dédicacer ses trois livres mais aussi chaque lecteur demandait systématiquement de prendre une photo-souvenir avec l'écrivain et ancien président de l'APN. Et c'est sans être aucunement incommodé que Karim Younès s'est prêté à cette tradition qui accompagne systématiquement les séances de vente-dédicace avec des écrivains jouissant d'une certaine célébrité. En plus de son tout nouveau livre fraichement sorti, Karim Younès a aussi dédicacé ses deux autres ouvrages à savoir: «De la Numidie à l'Algérie, grandeur et décadence» ainsi que «Aux Portes de l'avenir, vingt siècles de Résistance, cinquante ans d'Indépendance». A ces titres est venue s'ajouter la version arabe du dernier puisqu'il vient de faire l'objet d'une traduction et il est sorti à l'occasion de la tenue de la 20e édition du Salon international du livre d'Alger.