Le nombre de femmes victimes de violence a augmenté en 2015 de 2782 cas. La Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (Cncppdh) a relevé, dans son rapport annuel de l'année 2015, les «progrès» enregistrés dans la situation des femmes en Algérie ainsi que les lacunes pour lesquelles des recommandations et des propositions ont été formulées. Ainsi, ce rapport a souligné que la femme est de mieux en mieux protégée d'un point de vue institutionnelle en citant notamment la loi amendant le Code pénal, qui criminalise la violence à l'égard des femmes, la mise en place d'un fonds de pension alimentaire pour les femmes divorcées, la campagne de sensibilisation lancée conjointement avec l'ONU femme pour arriver à zéro violence contre les femmes. Néanmoins, relève-t-on, cette avancée institutionnelle ne règle pas tout le problème car, malgré les barrières institutionnelles qui ont été mises en place, les archaïsmes d'essence machiste restent toujours en vigueur dans la société algérienne. En effet, selon les chiffres donnés par le rapport, 9663 cas de femmes victimes ont été enregistrés par les services de la Sûreté nationale dont 6891 cas de violence physique, suivis de mauvais traitements avec 2333 cas, les violences sexuelles avec 282 cas et l'inceste avec 10 cas, 119 cas d'harcèlement sexuel, 34 cas victimes d'homicides quatre cas de coups et blessures ayant entraîné la mort.Sur ces 9663 cas, enregistrés par la Dgsn, 5423 cas représentant des femmes mariées, 2549 victimes sont célibataires, 1051 cas sont des femmes divorcées et 575 cas autres. Il faut souligner que le nombre de femmes victimes de violence a augmenté en 2015 de 2782 cas. L'ampleur du phénomène et son extension ont poussé à la mise en place d'une loi qui criminalise la violence à l'encontre des femmes. Cette loi, qui a connu maintes mésaventures, suite au forcing des islamistes qui l'ont contestée dans le fond et dans la forme, a été adoptée mais la violence touche un nombre de plus en plus croissant de femmes. Cette loi viendra-t-elle à bout de ce phénomène? C'est souhaitable. Entre-temps, la femme algérienne continue à subir les foudres d'une société intolérante et, qui plus est, la minore. La Cncppdh a recommandé dans son rapport la mise en oeuvre de plusieurs mesures afin de restituer à la femme sa liberté et sa souveraineté, notamment l'élargissement du concept de «violence conjugale» pour qu'il englobe «les violences domestiques» (faites à la mère, à la fille et à l'épouse). Néanmoins, la condition de la femme algérienne restera toujours tributaire de l'évolution culturelle de la société et de la mise à mort des archaïsmes, qu'ils soient religieux ou traditionnels, qui freinent son émancipation et sa libération.