Des quartiers de la banlieue ouest d'Oran vivent, depuis une dizaine de jours, au rythme des coupures d'eau. Ces perturbations sont provoquées par une panne technique survenue au niveau de la station de dessalement de Brédéah, qui fournit une bonne partie de l'eau pour les quartiers de la banlieue ouest d'Oran. Pour faire face à cette situation, l'Algérienne des eaux ne ménage aucun effort pour remettre en marche au plus vite les équipements de cette infrastructure. Ces efforts ne peuvent avoir de résultats sans la participation des citoyens qui doivent faire preuve de civisme pour utiliser rationnellement cette richesse qu'est l'eau. A cet effet, un nouveau programme de rationnement, dicté par des impondérables de disponibilité est entré en phase d'exécution depuis le 24 novembre 2004. Il concerne les communes d'Es-Sénia, Bir El Djir, Arzew, Aïn El Turck, Gdyel, Mers El Kébir, Bousfer, Boutlelis, Misserghine et Bethioua. Ces localités, alimentées quotidiennement, passeront au programme d'alimentation d'un jour sur deux. Un responsable de l'Algérienne des eaux a précisé que le nouveau programme de distribution ne concerne pas le centre-ville d'Oran. La situation des réserves en eau est très critique pour la wilaya d'Oran. Le barrage de Gargar, qui constitue la principale ressource, malgré les dernières précipitations, est à moins de 50 millions m3 d'eau, en raison de son envasement avancé, alors qu'il est conçu pour recevoir plus de 80 millions m3. Les barrages de Beni Bahdel et Tafna, dont les eaux étaient transférées à Oran, ont presque atteint leur bas niveau. Malgré les derniers apports, Oran ne reçoit plus que 10.000 m3/jour d'eau apportés par le barrage de Sidi Abdelli, en plus de 5000 m3 qui constituent le produit local des puits, ajoutés aux 70.000 m3/j du barrage de Gargar et à un apport de 25.000 m3/j à partir de la station de déminéralisation de Brédéah qui connaît, en plus, des pannes techniques, ces derniers jours. «Cela donne un total de 105.000 m3/j pour toute la wilaya d'Oran alors que ses besoins sont à hauteur de 300.000 m3/j», indiquent les responsables de cette entreprise. Ce programme de restriction sera maintenu probablement jusqu'au début de l'été prochain, période au cours de laquelle il est prévu la réception du projet de la station de dessalement d'Arzew, qui produira quelque 86.000 m3 d'eau potable par jour. Le chef de l'Etat avait, lors de ses visites à Oran, pris à témoin les Oranais quand les responsables du secteur de l'hydraulique lui affirmaient que le problème de l'eau à Oran ne sera qu'un mauvais souvenir. La promesse ferme, on s'en souvient, est restée au stade d'un engagement jeté aux oubliettes, une fois l'euphorie de la visite du président de la République estompée.