Les législatives approchent à grands pas Les deux poids lourds de la scène politique ont le pressant devoir de descendre dans l'arène, activer leurs réseaux pour stopper la déferlante du pessimisme, redonner de la joie, de l'espoir et du rêve. La crise au FLN? Pourvu que ça dure. Au moment où le vieux parti se débat pour s'extraire de sa crise, son rival le RND prend ses aises en irriguant une ambition sans pareille. Sans tambour, sans grands tapages médiatiques, il effectue un remarquable travail de pédagogie envers ses militants et ses sympathisants à travers le territoire national. Le cérémonial dure depuis des mois. Le secrétaire général du parti, Ahmed Ouyahia, manquait rarement ses rendez-vous de proximité et durant lesquels il effectuait un remarquable travail de pédagogie et de sensibilisation politique. Déjà en septembre dernier, le RND annonçait dans un communiqué rendu public à l'issue de la réunion du bureau national, la mise en place d'un «programme d'activités soutenu» à l'occasion de la rentrée politique, et en prévision de la participation du parti aux prochaines élections législatives de 2017. Ce programme, note le RND, comprend la tenue des réunions des coordonnateurs des bureaux de wilayas, l'installation de l'organe national consultatif du parti et l'organisation de séminaires de formation au profit des responsables nationaux et locaux. La situation tant sur le plan sécuritaire, cernée par une ceinture de feu aux frontières, l'état économique marqué par une crise financière aiguë et la situation sociale bouillonnante imposent en effet ce travail de proximité. Les militants aux premiers rangs des fluctuations sociales ont besoin d'avoir un cap et un message d'espoir à diffuser. Le deux poids lourds de la scène politique ont le pressant devoir de descendre dans l'arène, activer leurs réseaux pour stopper la déferlante du pessimisme, redonner de la joie, de l'espoir et du rêve. Sur ce terrain, le RND joue en solo et il s'y plaît. Durant les quelques mois qui nous séparent des élections législatives, le parti de Ouyahia se prépare, s'échauffe et scénarise sans parfois prêter attention même aux attaques violentes qu'il recevait du FLN. Quand on boxe à un si haut niveau, il faut être un encaisseur hors normes, exercice dans lequel excelle Ahmed Ouyahia. Aux attaques fulgurantes de l'ancien secrétaire général Amar Saâdani contre la personne de Ahmed Oyahia, ce dernier a adopté la technique du roseau: courber l'échine et se redresser une fois la bourrasque passée. Seul sur le terrain au moment où Saâdani jouait le rôle de bulldozer politique, Ouyahia est toujours seul alors que le nouveau secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, s'affaire péniblement à recoller les morceaux et à rassembler toutes les énergies de son parti. Laissée par Saâdani en état d'épave sur le quai, la locomotive FLN n'arrive pas à siffler alors qu'un rendez-vous électoral crucial va se jouer dans quelques mois. Les risques sont multiples et rien n'explique l'attentisme et les tergiversations au FLN face à un pareil précipice. La première détresse à le faire frissonner est celle de perdre sa majorité. Un fiasco qui fera du vieux parti un cadavre au goût succulent. Le second danger tiendrait au taux d'abstention. Il s'agit de trouver la vraie formule à même de mobiliser le citoyen algérien et l'inciter à se rendre aux urnes, surtout la dernière législative qui a été marquée par le saut abstentionniste relativisant la majorité écrasante au Parlement. Le dernier et très dangereux fléau qui risque de découler de cet attentisme politique est la donne islamiste. Tapie dans l'ombre, cette mouvance comptabilise les erreurs de casting, fort nombreuses, du FLN. C'est une grave erreur stratégique que de croire qu'elle est réduite à néant. Divisée, disloquée en apparence, mais à l'heure des comptes, ambitieuse, patiente et portée par un électorat très discipliné, la frange islamiste ne perd jamais espoir de conquérir le pouvoir, qui accuse actuellement des signes d'épuisement.