Si de nombreux pays dans le monde, notamment en Europe, déplorent le vieillissement de leur population, l Algérie n'a pas à se plaindre sur ce plan-là. C'est dit: «l'Algérie connaît depuis quelque temps un regain démographique surprenant!». Plus d'un million de naissances ont été recensées au cours de l'année 2015, chiffre qui a largement défrayé la chronique. Ce nombre de naissances en Algérie a cependant connu une croissance graduelle depuis ces cinq dernières années. Le taux de natalité a effectivement augmenté sur la période qui s'étale de 2000 à 2015. Ainsi il est passé de 600.000 naissances par an à un million. Selon des déclarations faites samedi en marge d'une conférence avec l'association des femmes cadres algériennes, le directeur de la population au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Amer Ouaâli explique cette augmentation par la hausse du nombre de mariages qui, lui aussi, a doublé. Il a ainsi affirmé que pas moins de 369.000 mariages ont été enregistrés en 2015 alors que durant l'année 2000 ils ont atteint le nombre de 177.000, ce qui donne une moyenne de neuf mariages pour 1000 habitants. Ce même responsable a également soutenu que cette croissance n'est sans doute pas liée à la fécondité qui a beaucoup baissé en l'espace de quelques années. Si de nombreux pays dans le monde, notamment en Europe, déplorent le vieillissement de leurs populations, l'Algérie n'a pas à se plaindre de ce côté-là. La démographique de notre pays est effectivement en bonne santé. Elle illustre une certaine amélioration des conditions du quotidien des Algériens. Les différentes aides dont bénéficient les citoyens, leur permettant d'accéder plus facilement au logement, à la santé ou encore à l'éducation, permettent de se marier à un plus jeune âge et le taux de natalité est de ce fait encouragé. L'augmentation du nombre des naissances peut avoir de bonnes répercutions sur le pays, d'autant plus que 2015 a connu une petite baisse de l'espérance de vie. D'après des chiffres de l'ONS, le nombre de décès en 2015 a atteint 183.000, soit une hausse de 5% par rapport à l'année d'avant. Cette croissance va également contribuer à préserver la population du vieillissement. Cependant, si le nombre d'accouchements a augmenté, celui des infrastructures devant accueillir les femmes qui accouchent, lui, reste en manque. C'est justement ce qui pose problème, particulièrement en ce qui concerne la prise en charge des femmes en phase d'accouchement. Les hôpitaux sont submergés et n'arrivent plus à répondre à la demande, beaucoup de femmes accouchent dans les pires conditions à cause du manque criant de places ou de lits. La question qui se pose également concerne l' impact qu'aura ce baby-boom dans le futur? Cela va, en effet, engendrer des conséquences sociales et économiques qu'il faudra non seulement anticiper, mais aussi et surtout gérer: l'insertion professionnelle de cette nouvelle génération. Auparavant, il aura fallu au secteur de l'éducation, le premier concerné par la question, prendre toutes les dispositions nécessaires pour remédier au problème de la surcharge des classes et être ainsi au rendez-vous de 2022 qui, n'en doutons point, sera à nos portes en moins de temps qu'on ne l'imagine.