Des travailleurs du secteur sont restés impayés durant 3 à 11 mois. Les syndicats d'entreprises du secteur de la Fédération des industries agroalimentaires et les syndicats des entreprises du secteur, ont tenu une réunion hier au siège de l'Ugta à Alger. C'est sous la houlette de leur secrétaire général, Salim Labatcha, que s'est déroulée cette assemblée dans un climat «militant et responsable» des travailleurs du secteur qui ont dénoncé fortement «l'absence de dialogue» entre le ministère de l'Agriculture et ladite fédération. La «menace de grève» a bel et bien plané autour des discussions et des interventions, toutes revendicatives d'ailleurs, avec comme leitmotiv l'appel à l'ouverture d'un dialogue avec le ministère pour régler les différents contentieux existants. Entendre par là, selon le SG de la fédération, les revendications socioéconomiques et autres activités liant la fédération au ministère. «Nous ne sommes pas des perturbateurs», a clamé le SG, Labatcha, devant la presse en marge des travaux de la réunion. Il a répété aux journalistes qu'«il y a blocage au niveau du ministère de tutelle... Le ministre, auquel des demandes d'audience ont été adressées, les a rejetées en bloc», a-t-il appuyé avec force. Ce «refus d'audience» aurait été apparemment réitéré pas plus tard que lundi lors d'une rencontre du ministre Chelgham avec Labatcha. Ce dernier a renouvelé à la presse sa conviction que la Fédération des travailleurs de l'agroalimentaire «n'est pas du tout contre une coopération entre le secteur public et le secteur privé», comme il a été souvent prôné par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Labatcha a regretté que depuis l'installation de l'actuel ministre de l'Agriculture, Abdesslam Chelgham, aucun dialogue n'a été instauré entre la tutelle et cette fédération forte de pas moins de 75.000 adhérents. Il a aussi indiqué que «le ministère prenait des décisions 'hâtives'' concernant la réorganisation du secteur des industries agroalimentaires sans la concertation du partenaire social que nous sommes». D'autres dossiers préoccupent la fédération. Parmi ces dossiers, il cite l'opacité qui entoure le partenariat entre le secteur privé et le secteur public dans ce domaine, les salaires non payés des travailleurs et la désignation de dirigeants au niveau des entreprises publiques sans respecter les procédures réglementaires. Labatcha a demandé au ministère de tutelle d'intégrer le partenaire social en organisant une nouvelle réunion autour d'une table pour discuter des voies et des moyens de respecter les directives gouvernementales. Se voulant quelque part conciliant, Labatcha a insisté en disant que «nous ne voulons pas aller à la grève» et demandons une rencontre avec le ministère dans les meilleurs délais possibles. Toutefois, a-t-il menacé «l'option de la grève est maintenue», tout en soulignant que «nous défendons l'outil de production». Le SG de la fédération a également indiqué que cette question d'audience et d'association avec le partenaire social a déjà été formulée auprès de l'ancien ministre de l'Agriculture. Labatcha a par ailleurs déploré que des travailleurs soient restés 3 à 11 mois sans salaires tout en assurant que le ministre Chelgham a promis de régler cette situation dans des délais raisonnables. Se prononçant sur la situation du marché du lait en Algérie, il a fait remarquer que le producteur Giplait est un régulateur du marché tout en reconnaissant qu'il existe une certaine tension relevée par certains opérateurs privés. Il a toutefois soutenu qu'il existe un problème dans la distribution de ce produit en sachet. Labatcha a rappelé que le dossier de partenariat public-privé a été introduit auprès des décideurs en appuyant sur la recherche de transparence qui prévaut dans cette opération.