Il est apparu, après plusieurs années, que ces pistes ouvertes à coups d'enveloppes budgétaires conséquentes ont en majorité disparu dans les forêts. Ce seront quelque 380 km de pistes qui seront aménagées à travers les forêts de la wilaya de Tizi Ouzou. Le projet en question décidé suite aux incendies qui ont ravagé des milliers d'hectares de couvert végétal de la wilaya est en fait une continuité du programme entamé en 2009 par la Conservation des forêts. Plus de 1000 kilomètres ont déjà été réalisés couvrant pratiquement toutes les communes. Cependant, malgré l'optimisme que peut soulever ce genre de programme financé par le Fonds de garantie des collectivités locales (Fgcl), il convient de relativiser pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il est apparu, après plusieurs années, que ces pistes ouvertes à coups d'enveloppes budgétaires conséquentes ont en majorité disparu dans les forêts. Non viabilisées, ces dernières sont couvertes par la végétation alors que d'autres ont été victimes d'affaissements pour cause d'obstruction des fossés et autres voies de dégagements des eaux pluviales. Un constat presque général qui semble passer inaperçu dans les prévisions de la direction des forêts parce qu'en fait, le travail qui suit l'ouverture des pistes est du ressort des élus au niveau des communes. Ceux-ci n'ont jamais manifesté un quelconque intérêt pour ces pistes, bien qu'elles soient ouvertes pour participer au développement local et de l'agriculture plus particulièrement. Ces élus auraient dû, avant la dégradation des pistes, procéder comme préconisé d'ailleurs, à la stabilisation de l'assiette et des talus, dégager les éventuels éboulements et refaire la plate-forme et les fossés pour qu'elles puissent rester fonctionnelles plus longtemps. La direction des forêts annonce par ailleurs que la wilaya de Tizi Ouzou vient de bénéficier d'un programme de plantation de 29.508 oliviers et 34.458 autres arbres fruitiers. Des opérations de taille de régénérations toucheront quelque 61.127 plants à travers un grand nombre de communes. Ce riche programme, mis sur pied afin de compenser les dégâts subis par la wilaya, lors des incendies qui ont marqué les mois de juillet et août a été confié à l'Entreprise de génie rural Djurdjura, précise la Conservation des forêts. Toujours au chapitre des réparations de ce que les élus ont laissé à l'abandon, beaucoup d'agriculteurs attendent impatiemment que les pouvoirs publics s'intéressent aux dizaines de retenues collinaires abandonnées. En grande majorité, celles-ci ont subi l'envasement presque total. D'autres ont été anéanties par les glissements de terrain provoqués par leurs propres eaux qui n'ont plus de voies d'exfiltration du surplus. D'autres ont carrément perdu les digues, avant de disparaître. Des budgets faramineux ont été déboursés pour ces retenues qui devaient participer au développement de l'agriculture de montagne. Ignorées par les élus locaux, ces petits barrages destinés à l'irrigation n'auront servi à rien, sinon à tuer des enfants par dizaines lors des journées caniculaires. Situées généralement à proximité des villages, ces lacs se sont avérés très dangereux car des dizaines d'enfants s'y sont noyés.