Les Verts, décontenancés, ont raté presque tout ce qu'ils ont entrepris. Au moment où ces écrits seront lus, le match Algérie-Nigeria pour l'attribution de la 3e place de cette CAN 2005, aura été joué. Il est donc possible que les Verts réussissent à se métamorphoser au point de remporter ce match décisif dont le vainqueur doit aller au Japon (avec les deux finalistes de la CAN, à savoir l'Angola et le Sénégal) l'an prochain, disputer le mondial de la discipline. Cela voudrait dire que le Cinq algérien aura été l'auteur d'un authentique exploit qui l'a vu passer en 24 heures du rouge de la détresse au vert de l'espérance. Parce qu'il faut le dire : mardi soir dans une salle OMS pleine à craquer, les Verts et leur public ont vécu des moments cauchemardesques face à un Cinq sénégalais en pleine réussite mais également très fort. Cette défaite, aux allures de déroute, ne pouvait avoir qu'un effet handicapant sur le plan moral, soit un paramètre extrêmement négatif à 24 heures du rendez-vous plus qu'important face au Nigeria. Et bien sûr lorsqu'on chute aussi lourdement chez soi, dans une salle archicomble, entièrement acquise à votre cause, on se met à chercher les raisons qui ont mené le Cinq algérien à une défaite aussi cinglante. L'une des raisons avancées avait trait au nombre des blessés dans l'équipe algérienne. Boughedir traînait une déchirure musculaire. Il a été aligné et n'a pu tenir que quelques minutes, sans être d'une grosse utilité pour l'équipe. Bouziane souffrait du dos. Il a joué mais on a senti qu'il était en deçà de ses possibilités. A ces deux éclopés sont venus s'ajouter, au cours du match, Oukid, victime d'une luxation du pouce gauche, et Harouni touché à une cuisse sur laquelle est apparu un gros hématome. Une autre raison très réaliste indiquait que le match du premier tour contre le Mali a été le tournant de la compétition pour les Verts. Ceux-ci venaient d'aligner 4 succès de suite et d'assurer la première place du groupe. Contre le Mali, on a préféré faire tourner l'équipe et se baser sur les remplaçants. Résultat des comptes : une défaite qui a brisé l'élan et la dynamique de victoires. Cela s'est ressenti en quart de finale où les Verts avaient éprouvé énormément de difficultés pour s'imposer. La défaite contre le Sénégal s'inscrivait comme une suite logique à la prestation peu convaincante des Verts, la veille, face aux Marocains. Une troisième raison invoquée est le surplus de pression qui pesait sur les joueurs. L'enjeu de la compétition et le public de plus en plus nombreux ont fini par inhiber les joueurs algériens et les obliger à mal jouer et à commettre les bévues les plus invraisemblables. Restait une quatrième raison, peut-être la plus plausible, qui expliquerait que cette défaite ne faisait que traduire la différence entre deux basket-ball, celui efficace, moins fignoleur et terriblement habile et adroit des Sénégalais, et celui des Algériens au style très fébrile, incroyablement maladroit pour ne pas dire d'une inefficacité maladive. Un chiffre témoigne de cet état de fait. Au cours de la partie, les Verts ont bénéficié de 13 lancers francs. Ils n'en ont réussi que 5. Les Sénégalais dans cet exercice ont eu 14 tirs au panier. Ils en ont réussi 12. Cette donnée est confortée par la montagne de maladresses de la part d'un Cinq algérien en pleine dérive au moment où son adversaire réussissait presque tout ce qu'il entreprenait. Pourtant, ces Algériens-là ont entretenu l'espoir durant quelques minutes lors du premier quart-temps, se permettant de revenir au score, après avoir été menés, puis de devancer leurs adversaires (8-6). A ce moment-là on se disait que ces Verts-là étaient en mesure de satisfaire les milliers de supporters qui avaient afflué à la Coupole. Mais on sentait tout de même que quelque chose grinçait avec des joueurs diminués. D'ailleurs, Mourad Boughedir qui traînait la jambe gauche, a vite fait de quitter ses camarades au bout de 4 minutes de jeu. Il fera une réapparition dans le 3e quart-temps mais sa présence sur le parquet ne servit pas à grand-chose. Toujours est-il que dans le premier quart-temps, après avoir mené au score, les Verts ont subitement fléchi pour se faire distancer par des Sénégalais d'un réalisme effarant lesquels ont terminé cette période avec un large avantage (25-12). Dans le second quart-temps, le jeu s'équilibra en raison surtout d'une baisse de régime de la part du Cinq sénégalais car celui de l'Algérie était resté sur le rythme et le style qui étaient les siens au début de la rencontre. Les Sénégalais ont donc, une nouvelle fois, terminé un quart-temps à leur avantage, cependant sur un écart plus réduit (12-10), mais celui qui s'affichait au score de la mi-temps (37-22) témoignait de leur mainmise sur le match. C'est dans le troisième quart-temps que le cinq algérien s'est complètement effondré. Il n'inscrira, d'ailleurs, son premier panier dans cette période qu'après plus de quatre minutes de jeu. Entre-temps, les Sénégalais avaient amassé les points, pris leur envol et assuré leur qualification à la finale, terminant ce quart-temps sur le score de 23 à 9. Le match était fini. Le quatrième quart-temps a été de trop pour un Cinq algérien qui a complètement baissé les bras et multiplié les erreurs. Sa défaite monumentale avec 32 points d'écart (80-48) apparaît comme logique car entre lui et le cinq sénégalais la différence était trop flagrante. Il restait aux Verts à oublier au plus vite ce cauchemar pour se focaliser sur le rendez-vous nigérian car la qualification au Mondial n'était pas perdue. Mais en 24 heures pouvait-il réellement récupérer d'un tel désastre? C'était là toute la question.1