Alors que le paysage audiovisuel français (PAF) souffre d'une concurrence déloyale de la TNT et des petites chaînes qui montent, TF1 peut se frotter les mains. Sa croissance a atteint 6,9% de son chiffre d'affaires, à 1,575 milliard d'euros. Cette croissance est due à une hausse des recettes publicitaires pendant les mois de juin et juillet, la période de la Coupe du monde. Le Mondial de football et le parcours de l'équipe de France ont fait les bonnes affaires de TF1. Au deuxième trimestre, la filiale du groupe Bouygues a vu son chiffre d'affaires progresser d'environ 8%, à 584,3 millions d'euros. Durant cette période, les recettes publicitaires des cinq chaînes en clair (TF1, TMC, LCI, TFX et TF1 Séries Films) ont grimpé de 1,6%, à 404,6 millions d'euros. Le bilan financier présenté par Philippe Denery, le directeur financier du groupe, est très clair. Les 28 matchs diffusés ont coûté 72 millions d'euros à la chaîne. Mais, à chaque fois que la chaîne diffusait une rencontre, elle économisait en même temps le prix du programme enlevé. Donc le coût net de la Coupe du monde s'élève plutôt à 58 millions d'euros. En face, la publicité amassée avant, pendant et après les matchs (grâce aux émissions de débats et de commentaires d'après-match) a fait le reste. TF1 a pour la première fois de l'histoire des Coupes du monde, réussi à équilibrer ses dépenses. De plus, lors du troisième trimestre, le groupe TF1 a commencé à récolter les premiers fruits de ses accords de distribution avec les opérateurs télécoms, obtenus après une partie de bras de fer tendu. TF1 n'a pas dévoilé les montants perçus, mais ils se rapprocheraient d'une dizaine de millions d'euros. Enfin, cerise sur le gâteau, les comptes intègrent les résultats d'Aufeminin, acquis pour 365 millions d'euros fin 2017. Sur neuf mois, Aufeminin a contribué à hauteur de 60 millions au chiffre d'affaires du groupe. Il n'y a que l'activité de production à travers Newen qui accuse une légère baisse du chiffre d'affaires depuis le début de l'année (281 millions d'euros, en baisse de 1,3%). Pour ce qui est de la rentabilité, TF1 maintient le cap. La Coupe du monde n'a pas pesé sur la marge opérationnelle du groupe, restée stable à 7,9%. La promesse du P-DG du groupe, Gilles Pélisson, de porter cette marge au-dessus des 10% en 2019, semble bien lancée. Car derrière les moyens déployés pour suivre les Bleus, le groupe a continué à serrer les boulons. Sur neuf mois, il a encore fait 40 millions d'euros d'économie dans les programmes. Et grâce aux acquisitions de Newen et d'Aufeminin, qui dégagent des marges respectives de 10% et 15%, le Groupe TF1 rééquilibre ses activités. Désormais, il dépend moins des recettes publicitaires télé. Mais TF1 tiendra-t-il le coup jusqu'à la prochaine Coupe du monde. La présence des Bleus à chaque sortie footballistique va maintenir le cap pour la première télévision de France. [email protected]