Un patrimoine sacré à préserver, gérer et conserver. Si le séminaire international sur les archives notariales de deux jours, qui a débuté hier ses travaux à Alger à l'hôtel Aurassi, revêt un aspect de formation de par les échanges d'expériences avec les délégations de 26 pays présentes et issues des cinq continents, il est néanmoins caractérisé par le besoin urgent et impératif de mieux gérer et conserver pour préserver la mémoire nationale. Les organisateurs sont confiants quant au succès de cette rencontre réunissant experts et notaires nationaux et étrangers qui auront l'occasion de procéder à des échanges denses, notamment autour des dernières méthodes scientifiques de gestion des archives, lesquelles méthodes sont passées du papyrus à l'électronique. Le thème «Gestion et mémoire», choisi conjointement par le Centre des archives nationales et la Chambre nationale des notaires, sied parfaitement à la volonté algérienne désireuse de consulter son passé à travers notamment la «chariâ islamique» dont s'inspirent les archives notariales, comme a su si bien le souligner le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M.Tayeb Belaïz, dans son intervention. Celui-ci, répondant à une question du quotidien L'Expression lors d'un point de presse impromptu, a précisé que «les quatre centres régionaux d'archives judiciaires dont il a parlé, ne sont pas encore opérationnels» Ces centres seront dotés de tous les moyens modernes, notamment les nouvelles technologies utilisées dans la réception, la sauvegarde et la gestion des archives, a encore précisé le ministre. Pour concrétiser ce programme, M.Belaïz a précisé, dans son intervention que son département a fait appel à l'expérience et moyens de la direction générale des Archives nationales, et a pu mettre sur pied une coopération fructueuse avec la Bibliothèque nationale et avec les instituts et écoles spécialisés, pour former des agents qualifiés, chargés de la gestion des archives. Il a insisté sur la nécessité d'améliorer la conservation des archives notariales après avoir rappelé l'organisation du corps notarial depuis l'époque ottomane en Algérie et l'adoption en 1988 de la loi portant organisation de la profession de notaire. La formation a constitué l'un des axes principaux du discours du ministre qui a préconisé une mise à niveau du secteur conforme aux critères internationaux en tout point de vue, espaces, équipements... De son côté, Tahar Melakhsou, président de la Chambre nationale des notaires, a loué cette initiative de tenir un séminaire «au moment où le notariat algérien adhère à l'Union internationale du notariat». Ce séminaire «constitue la référence historique et culturelle des nations et un héritage pour les générations montantes». Il rappellera que durant la période coloniale, le notariat a connu un système duel composé par le notariat traditionnel, basé essentiellement sur l'application du droit musulman, et les règles de la «loi Ventôse de 1806» qui a été appliquée en Algérie depuis 1842. Il dira qu'en 1990, seuls 144 notaires étaient en service pour atteindre aujourd'hui un millier dont 10% sont des femmes. Il rappellera que le notaire a accompagné et aidé efficacement l'opérateur économique algérien à passer «en douceur» d'un système économique étatique à une économie de marché, lui évitant moult obstacles et erreurs dans leurs transactions. Maître T.Melakhssou a cité les accords de coopération qui ont été conclus notamment avec le haut conseil du notariat français avec lequel un accord de jumelage a été passé entre les chambres notariales des deux pays. Le président de l'Union internationale des notaires, Alain Moreau, présent à cette rencontre a relevé que les archives représentent «la mémoire des nations et de celle des personnes» en général. De nos jours, l'application d'un système informatique adéquat est plus que nécessaire pour un meilleur accès à l'information, sinon comment assurer cette préservation lorsqu'on sait par exemple que les archives notariales françaises représentent, une fois mises bout à bout, quelque 260 km, ce n'est point une mince affaire pour ce pays où l'on compte près de 6000 études notariales.