L'Exécutif a pris conscience de la nécessité de faire de la communication un outil central dans son déploiement sur le terrain dans tous les domaines d'activité. à bien lire le communiqué de la présidence de la République, dans sa partie liée à l'exposé du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, il apparaît clairement que l'un des soucis majeurs de l'Exécutif est d'être en permanence informé de ce qui se passe dans le pays. Détenir l'information est, en effet, un facteur déterminant dans la mise en œuvre efficace d'une politique gouvernementale. Pour ce faire, Ammar Belhimer préconise des «structures de veille médiatique efficace» pour la remontée de l'info et de véritables «plans de communication sectoriels» pour éclairer l'opinion sur les actions de l'Exécutif. L'outil qu'entend déployer le gouvernement est représenté par les traditionnelles cellules de communication institutionnelle qu'il va falloir réhabiliter ou tout simplement convenablement orienter pour un meilleur rendement. Le ministre de la Communication appelle cela «l'accompagnement des institutions de l'Etat pour la concrétisation des engagements du président de la République». à travers cette veille et ces instruments, le gouvernement se donne pour objectif de relancer la communication institutionnelle en s'appuyant sur les médias publics et privés. Ces courroies de transmission entre les gouvernants et les gouvernés pourront ainsi «contribuer au rétablissement de la confiance du citoyen en les institutions de son pays», lit-on dans le communiqué de la présidence de la République. Il reste, à bien saisir les intentions de Belhimer, qu'il ne suffit pas de le dire pour que cela se réalise. Aussi, préconise-t-on, une profonde «restructuration de la presse publique», pour en faire certainement des outils de communication véritablement efficaces. Et à cela, le ministre ne mâche pas ses mots et propose «une réforme radicale pour en améliorer la performance et la gestion». Tout un programme. Belhimer déblaye une piste, celle de «la généralisation du numérique via les portails et de la presse sur la Toile». à supposer que cela soit le véritable verrou qui empêche un fonctionnement optimal des médias publics. Dans sa stratégie de communication, le gouvernement entend mettre les moyens pour «affiner» le discours politique et mieux le décrypter. Un projet de «création d'une chaîne parlementaire pour rapprocher le citoyen de l'institution législative et promouvoir la culture de citoyenneté et le civisme», a été annoncé par le ministre de la Communication. Un axe certainement central dans la communication de l'Exécutif. Il va sans dire que cette chaîne thématique, bien managée, pourra constituer l'une des attractions du paysage audiovisuel. La seule condition est d'y imposer un véritable professionnalisme et une équité dans la conduite des émissions politiques. Le président Tebboune qui a largement démontré son intérêt à la communication à travers, notamment l'institution au sein de son cabinet du poste de ministre-conseiller chargé de la Communication, a lourdement insisté dans son intervention, sur «l'impératif d'accélérer la régularisation de la situation juridique des chaînes privées pour qu'elles soient en conformité avec la loi sur l'audiovisuel et de même pour les supports électroniques», rapporte le communiqué de la présidence de la République. Le chef de l'Etat a également insisté sur le communiquant. Le message institutionnel doit être délivré par des journalistes compétents et bien formés. Cela passe, relève le président par «l'impératif du respect de la déontologie», a rappelé Abdelmadjid Tebboune, non sans estimer nécessaire de «tirer profit de la contribution des compétences médiatiques passées par le secteur pour l'enrichissement de la scène médiatique et la formation des jeunes journalistes», note le même communiqué. Le chef de l'Etat a validé la proposition de la création d'une chaîne parlementaire et ordonné que son entrée en activité soit dans les plus brefs délais. De plus et comprenant l'importance de la communication en direction des jeunes, il a invité le gouvernement à réfléchir sérieusement à enrichir le paysage audiovisuel par une chaîne dédiée à la jeunesse. Il s'agira, bien entendu, d'un véritable média qui informe convenablement les jeunes. Un défi de taille pour les professionnels algériens des médias.