Avec des responsables de clubs de football, qui n'ont de professionnel que le nom, la gestion anarchique devient monnaie courante. Les personnes changent en haut de la pyramide de ces clubs, mais la même politique est maintenue, faisant que tout avance à reculons. Aujourd'hui, le 10 janvier 2021, coïncide avec le dernier délai accordé par la direction de contrôle de gestion et des finances des clubs professionnels (DCGF), présidée par Réda Abdouche, pour le dépôt de dossier d'octroi de la licence de club professionnel (LCP). Une procédure validée par le Bureau fédéral de la Fédération algérienne de football (FAF) lors de sa séance du 28 janvier 2020. Dans un premier temps, les 19 documents à fournir et inscrits dans le cahier des charges devaient être remis à la première quinzaine du mois de juillet dernier, ce qui donnait un délai «raisonnable» de 6 mois. Mais au vu de la crise sanitaire et la difficulté pour certains clubs de réunir quelques documents, notamment les bilans financiers, ce délai a été prorogé à deux reprises, avant que la date finale ne soit retenue pour aujourd'hui. «Aucun autre délai ne sera accordé aux clubs», a martelé Abdouche, vendredi dernier. À l'heure où nous mettons sous presse, 8 clubs seulement parmi les 20 composant le championnat de Ligue 1 ont obtenu leurs LCP, à savoir l'ASAM, la JSK, le NCM, le WAT, la JSS, l'USB et dernièrement le CSC et la JSMS. Les autres nagent à contre-courant en ne parvenant pas à le faire. Il s'agit du MCA, du CRB, de l'ESS, du NAHD, du PAC, du MCO, de l'USMA, de l'OM, du CABBA de l'ASO, de l'USMBA et enfin du RCR. La majorité, pour une raison ou une autre, ne pourra pas le faire avant la fin de la journée d'aujourd'hui, ce qui expose les fautifs, donc, à aux sanctions mentionnées dans l'article 107 du Code disciplinaire de la FAF. En effet, le non-respect du dépôt des documents entraîne une défalcation d'un point pour l'équipe du club fautif et 300000 DA d'amende, comme première infraction. La seconde infraction entraînera une défalcation de 3 points et 500000 DA d'amende. Enfin, la troisième infraction entraînera la rétrogradation du club en division inférieure et un million de dinars d'amende pour le club. Outre la difficulté d'avoir les bilans financiers, deux documents bloquent les clubs. Il s'agit, en premier lieu, de la copie certifiée conforme des statuts du comité des supporters, comme stipulé dans l'arrêté du MJS du 23 décembre 2014 dans son article 23, ainsi que dans l'article 3,alinéa 4,du décret exécutif 15-73 du 16 février 2015. L'autre document - et c'est celui qui crée une grande polémique - n'est autre que la convention qui doit être signée entre le club sportif amateur (CSA) et la société sportive par actions (SSPA). Cette convention, qui doit être soumise à l'approbation du ministre chargé des sports, doit mentionner, entre autres, «les conditions d'utilisation par la société de la dénomination, de la marque ou des autres signes distinctifs dont le club sportif amateur est propriétaire, ainsi que la contrepartie due par la société au club sportif amateur pour cet usage», conformément à l'article 8 du décret exécutif 15-73. Les CSA avaient presque une année pour signer ce document, mais ne l'ont pas fait (sciemment ou inconsciemment?). Arrive, donc, la période actuelle, où les mandats olympiques des présidents de ces entités et les membres des Bureaux exécutifs s'achèvent. Pour le renouvellement au niveau de ces postes, les assemblées générales deviennent des champs de bataille. Pis encore, des arènes. La mise en conformité des statuts des CSA avec les dispositions du décret 15-74, n'étant pas faite totalement, notamment sur le point mentionné dans l'article 15 concernant la composante de l'AG, a obligé (?) certains clubs à organiser leurs assemblées générales avec la liste d'avant-décret, ce qui est antiréglementaire. Ceux qui insistaient sur une mise en conformité totale font face à l'opposition de ceux qui la réfutent, appuyés parfois par les directions de la jeunesse et des sports (DJS), faisant, donc, que personne n'est parvenue à mettre le pied sur l'accélérateur pour faire avancer les choses. Cela va à l'encontre de la note méthodologique du premier responsable de la tutelle, Sid Ali Khaldi, n°399 du 16 septembre 2020, relative au processus de renouvellement des instances, des structures d'organisation et d'animation sportives locales. De même que pour la note n°1734 du directeur général des sports au sein du MJS, Mohamed Djeraoui, lequel a appelé les DJS à respecter ce qui est mentionné dans les articles de lois et ladite note du ministre, en veillant à l'assainissement de la liste des membres statutaires des AG. Des appels qui semblent être tombés dans l'oreille d'un sourd, faisant, donc, que tout tourne en rond. Ainsi l'élection des présidents de ces CSA n'est pas faite, ce qui entraîne la non-signature de la convention et les sanctions qui vont avec. Chacun est appelé, donc, à assumer les responsabilités qui sont les siennes.