A Béjaïa, la commission de wilaya a traité 303 dossiers. «Aucun dossier d'indemnisation ne doit être examiné s'il n'a pas fait l'objet d'une plainte déposée auprès des tribunaux compétents», c'est en substance le résumé d'une note adressée le 3 avril dernier aux walis de Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira et Sétif par le chef du gouvernement. Cette mesure, qualifiée par les archs de «anormale et contraignante» remet tout en question, y compris les dossiers déjà examinés et ayant bénéficié de décisions de reconnaissance. Si la mesure contenue dans la note du chef du gouvernement est compréhensible en ce qu'elle permet de débusquer les fausses victimes, il reste que celle-ci arrive très en retard et ne peut que pénaliser les victimes connaissant les contraintes administratives et judiciaires dans notre pays. L'incompréhension exprimée par-ci et par-là réside aussi dans le fait que cette nouvelle pièce, exigée, ne figure pas dans la liste des pièces à fournir dans la constitution de dossiers, conformément au décret du 25 juillet 2005, pire encore, «les victimes indemnisées lors du dialogue dit ´´taiwan´´ n'ont pas été contraintes à fournir la pièce exigée présentement». Si la plainte est recevable maintenant, il reste que le temps que cela prendra risque de déboucher sur des retards par rapport à la date limite fixée au 31 juillet 2006 pour le dépôt des dossiers. A Béjaïa, la commission de wilaya a traité 303 dossiers dont 238 étaient déclarés recevables, bénéficiant même de décisions. Ils doivent désormais justifier d'un dépôt de plainte pour ne pas perdre le statut de victime reconnue. 53 autres dossiers ont été rejetés au motif qu'ils ne figuraient pas sur les listes de la DSP (Direction de la santé) Or, ajoute notre source, une vingtaine d'entre eux possède des certificats médicaux des hôpitaux en bonne et due forme. Par ailleurs, deux blessés ont bénéficié d'une prise en charge médicale à l'étranger. Connaissant la démarche à suivre, il leur faudra beaucoup de patience. En attendant, le doute gagne de plus en plus les parents de victimes et les blessés. Ayant déjà assez souffert face aux lourdeurs d'une administration, ils vont devoir encore patienter tout en faisant vite dans le dépôt de plainte, pièce essentielle désormais pour toute étude de dossier d'indemnisation.