Parti en 2004, il rentre pour remettre de l'ordre au sein de son parti. Le leader du Front des forces socialistes (FFS), Hocine Aït Ahmed, est rentré hier au pays. Un accueil des plus chaleureux lui a été réservé par les militants du FFS. Ces derniers se sont d'ailleurs déplacés par centaines à l'aéroport international Houari- Boumediene, à Alger. Son arrivée, à bord du vol Genève-Alger, prévue à 14h40, a été retardée de près d'une demie-heure. La foule compacte qui l'attendait à l'intérieur de l'aéroport a dû prendre son mal en patience jusqu'à 16h. Et ce n'est qu'à cette heure-ci que le Zaïm apparaît enfin, accompagné de quelques membres du bureau national du Front des forces socialistes. La foule qui l'entourait de tous les côtés n'a de cesse de scander: «Assa, Azeka; Da l'Hocine yella, yella» (Aujourd'hui, demain; Da l'Hocine existera toujours, ndlr). A ceux qui crient, à tue-tête, «Pouvoir assassin», Hocine Aït Ahmed leur lance «Non» avec le doigt. A part ce geste, cette figure emblématique de l'histoire d'Algérie n'a fait aucune déclaration. Il lui été même impossible de s'arrêter devant la masse humaine, venue de tous les coins du pays, notamment de Kabylie, pour voir le Zaïm. Il était très difficile de frayer un chemin au milieu de ce beau monde qui se dirige vers la sortie de l'aéroport. Le cordon de sécurité qui s'est constitué autour de M.Aït Ahmed, est très restreint. On étouffe. Le leader du FFS a, à plusieurs reprises, porté sa main à son cou. Un signe d'étouffement? C'est possible. L'homme paraît fatigué. C'est évident, diront certains, vu son âge. L'homme frôle les 81 ans. C'est justement en se basant sur cet argument-là que les observateurs parlent, non sans insistance, sur l'éventualité de la désignation par le leader du Front des forces socialistes de son successeur à la présidence de sa formation politique. Certains n'hésitent pas à verser dans diverses interrogations. Néanmoins, celle qui revient, comme un leitmotiv est la suivante: «Qui sera désigné à la présidence du FFS». Les uns citent l'ancien chef de gouvernement sous Chadli, en l'occurrence Mouloud Hamrouche, tandis que d'autres parlent de l'ancien secrétaire national du FFS, Ahmed Djeddaï. En ce qui concerne M.Hamrouche, le chef du gouvernement, Abdelkaziz Belkhadem, a démenti l'éventualité à ce qu'il soit élu à la tête du FFS. Pourquoi? «Parce qu'il (Mouloud Hamrouche, ndlr) est toujours au FLN» a indiqué M.Belkhadem lors de la conférence de presse animée la semaine dernière à Alger. Devant les spéculations qui vont bon train, le concerné préfère garder le silence et ne pas se prononcer sur la question. Cela, contrairement à Ahmed Djeddaï. Interrogé hier à l'aéroport international Houari-Boumediene, l'ancien secrétaire national au FFS dit n'être au courant de rien. «Ce ne sont que des rumeurs» a déclaré M.Djeddaï. De toute manière, les choses seront mises sous les lanternes au cours du congrès national du Front des forces socialistes, qui se tiendra les 5, 6 et 7 septembre. Hocine Aït Ahmed remettra certainement de l'ordre au sein de la maison FFS. Cela au moment même où le parti est menacé d'implosion par le groupe dit des «frondeurs», ou les «militants de 1963». Enfin, à en croire certaines mauvaises langues, le leader du FFS, assisté par plusieurs personnalités politiques nationales, prépara une «initiative politique». Quelles sont ces personnalités? Quelle sera la nature de cette initiative? Dans quelle perspective? Seul l'avenir pourra nous le dire. Une chose est sûre: la venue de Hocine Aït Ahmed ne passera pas inaperçue. L'avenir seul nous dira sur cette rentrée qui intervient près de trois ans après le départ du Zaïm, en novembre 2004.