On a enregistré 349 infractions avec 300 poursuites judiciaires et 3 tonnes de produits impropres à la consommation saisies. Sensibiliser le consommateur au sujet d'un redoutable danger pour sa santé. Des commerçants sans foi ni loi continuent de narguer les pouvoirs publics par des pratiques réprouvées qui vont jusqu'à provoquer l'apparition de maladies graves, voire la mort. Ainsi, des produits impropres à la consommation sont exposés à la vente. On a même constaté les infractions suivantes: mauvaise conservation des denrées alimentaires, rupture de la chaîne du froid, non-respect des règles d'hygiène et de salubrité publique... En somme, c'est ce qui ressort de la journée d'étude et d'information portant sur les produits carnés cuits et crus. L'objectif de cette rencontre est de sensibiliser les citoyens quant aux risques que peut engendrer la consommation de ce genre de produits, notamment à la veille de la saison estivale. Une saison pour les repas légers surtout à la plage et les pique-niques. Organisée par la direction du commerce de la wilaya d'Alger en partenariat avec la société Bellat, cette rencontre a eu lieu hier, à Alger, en présence du ministre du Commerce, El Hachemi Djaâboub, qui a procédé à l'ouverture officielle de la séance. Le ministre en charge du secteur a rappelé que le gouvernement a adopté un projet de loi, la semaine dernière, portant sur la protection du consommateur et la répression de la fraude. Cette nouvelle loi va remplacer la loi 89-02 du 07 février 1989 relative aux règles générales en rapport avec la protection du consommateur. Ce nouveau dispositif s'ajoute aux autres mesures prises dans le cadre de la modernisation du système de contrôle de la qualité et de la répression de la fraude. Ainsi, les laboratoires de la qualité et de la répression de la fraude viennent d'être renforcés par 20 nouveaux laboratoires en plus des 19 qui sont en service. Ces laboratoires emploient 1000 cadres universitaires en attendant de leur adjoindre 500 autres durant l'année en cours, a expliqué le conférencier. Dans ce contexte, le ministère du Commerce a adopté 24 textes de loi relatifs aux produits alimentaires dont 11 portant sur la viande et ses dérivés. Ils ont tous été publiés dans le Journal officiel. M.Djaâboub a indiqué, au passage, que durant l'année 2007, on a recensé 3507 cas d'intoxication collective dont 28% liés aux produits carnés. Ce triste bilan est constaté en dépit des mesures draconiennes entreprises par les autorités concernées juste après la catastrophe d'El Eulma qui a fait 44 victimes à la suite de la consommation de casher avarié et/ou périmé en 1998. Poursuivant son exposé, le ministre a souligné que, selon le Centre national du registre du commerce, les opérateurs activant dans l'importation et la commercialisation de la viande et des produits carnés sont au nombre de 39.925, soit 3,33% de l'ensemble des commerçants et ce, jusqu'au 31 mars de l'année en cours. Quant aux commerçants, en général, ils sont au nombre de 1.198.673. «En clair, on a 1031 producteurs et 2494 importateurs ainsi que 2423 vendeurs en gros et 33.977 vendeurs au détail», a-t-il précisé. Et d'ajouter: «A Alger, on a 5767 commerçants, soit 14,14% du chiffre global inscrit au niveau national.» Selon une enquête sur les produits carnés et crus, effectuée l'année dernière par les services concernées du département de M.Djaâboub, il a été enregistré plus de 8000 interventions. Celles-ci ont levé le voile sur 349 infractions relevant essentiellement de la non-conformité aux normes de la qualité. Ces résultats ont abouti à 300 poursuites judiciaires et à la saisie de 3 tonnes de produits impropres à la consommation, d'une valeur de 289.000DA. Et le ministre du Commerce de conclure: «Durant la même année, sur 864 échantillons de produits carnés et crus, 280 ont été jugés non conformes, soit 32,4% de l'ensemble des échantillons soumis aux laboratoires.»