La désinfection des équipements et des outils médicaux fait souvent défaut. Plusieurs maladies sont contractées lors des hospitalisations. Une enveloppe de 550 millions de dinars a été débloquée pour lutter contre les infections nosocomiales pour l'année 2008. C'est ce qu'a déclaré hier le sous-directeur de la prévention au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le docteur Toufati Youcef, lors de la 1re journée nationale sur l'hygiène hospitalière et les infections nosocomiales. Cette journée est organisée par l'EPH de Bologhine. Le budget de l'année dernière était de 400 millions de dinars. Le montant a augmenté de 10%, ce qui encouragera les responsables à mieux lutter contre ces infections. C'est-à-dire mieux gérer les déchets des hôpitaux, avec en corollaire, l'amélioration de l'état des lieux, qui est généralement alarmant. L'enveloppe financière dégagée entre dans le plan d'action entamé par le ministère pour réduire de 50% le taux des infections nosocomiales qui a atteint en 2005 le taux de 7 à 14%. Le but de ce plan d'action qui s'étale jusqu'à 2009 avec des perspectives pour 2015 est de permettre aux hôpitaux de travailler aux normes européennes. De son côté, le docteur Rahal, directrice de l'EPH de Bologhine, a indiqué que «le problème des infections nosocomiales est la responsabilité de tout le monde». Toujours dans le but de lutter contre les infections nosocomiales, le Dr Rahal ajoute «le personnel de l'établissement a bénéficié d'un cycle de formation de 3 mois afin d'apprendre les bons gestes et les bonnes méthodes afin de diminuer les risques d'infections». Cette formation concerne les médecins, les paramédicaux ainsi que les agents administratifs. Elle explique que 13,6% des malades soignés dans son établissement ont été atteints d'infection nosocomiale cette année. Le doyen de la Faculté de médecine d'Alger, le docteur Moussa Arrada, a précisé lors de son intervention, que le risque zéro de contracter dans les hôpitaux une maladie nosocomiale n'existe pas tant qu'il y a des actes chirurgicaux. Selon lui, une campagne de sensibilisation et de prévention adressée aux responsables est nécessaire pour diminuer les risques. Notons qu'une enquête de prévalence portant sur l'ensemble des malades hospitalisés, à l'exception de ceux ayant séjourné moins de 48 heures, a été réalisée au CHU de Bab El Oued à Alger, pour apprécier l'ampleur des infections nosocomiales. Un seul médecin enquêteur a recensé sur la base de critères définis les cas d'infection nosocomiale parmi les 426 malades hospitalisés. Au total, 69 malades étaient infectés, soit une prévalence de 16,2%. Le nombre d'infections recensées s'est élevé, quant à lui, à 82; elles pouvaient être actives ou non le jour de l'enquête. Les plaies opératoires infectées étaient les plus fréquentes, constituant 35,4% de l'ensemble des infections.