Nouara apparaissait comme une étoile dans le firmament et Lounis ne s'était nullement trompé en lui embrassant la tête, un geste que d'aucuns ont apprécié et jugé à sa juste valeur comme l'hommage rendu à la femme. La Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou a organisé une grandiose fête pour rendre hommage au ciseleur du verbe et poète, Lounis Aït Menguellet. L'hommage, tout de sympathie, a commencé par une exposition de peinture de Mlle Hallou qui a réussi en un coup de maître à donner corps à chacune des chansons de Lounis en la représentant par un tableau chargé d'estime, de respect et d'amour pour l'oeuvre du grand poète d'Ighil Bouamas. Il est plus que difficile d'interpréter par une peinture la poésie de Lounis, mais Mlle Hallou a réussi en donnant le maximum d'elle-même et en chargeant ses tableaux de sentiments. Ensuite ce fut l'explosion, avec ce gala organisé dans la grande salle. Les spectateurs plus que nombreux ont noyé au vrai sens du terme la salle, les couloirs et les portes, tant d'accès que de secours, étaient prises d'assaut par la foule. Une pléiade de chanteurs parmi lesquels la grande Nouara. Aussi belle que digne, la chanteuse apparaissait comme une étoile dans le firmament et Lounis ne s'était nullement trompé en lui embrassant la tête après une chanson de la diva, un geste que d'aucuns ont apprécié et jugé à sa juste valeur comme l'hommage rendu à la femme qui, malgré les difficultés de la vie, a su prendre et garder une place dans le Panthéon artistique national. Cet hommage de la diva à une autre étoile tout aussi digne et respectable, au ciseleur du verbe et à celui qui a bercé des générations par la douceur de son intonation, la chaleur de sa voix, la musicalité du verbe et aussi la proximité d'avec la réalité souvent brute qu'offre la vie. Beaucoup d'autres chanteurs et artistes étaient là pour signifier à Lounis en guise d'offrande, des sentiments mêlés de respect et d'amitié envers l'artiste qui est à l'écoute de la société. Une société qu'il a su écouter et dont il a su traduire les «grands courants de pensée». Parler de Lounis n'est pas une mince affaire tant l'homme ne s'exprime pas ou plutôt s'exprime surtout par la poésie, et pour le comprendre, il faut sans doute bien suivre ses chansons qui parlent aux coeurs car venant du coeur. Ce jeudi même, le ciel était de la partie en offrant une journée ensoleillée et douce à la mesure du talent de l'homme. Un homme qui a tout donné à son art et que bien des artistes ont su lui rendre, tel Kamel Hamadi empêché de se rendre à Tizi Ouzou car étant au Festival du cinéma amazigh à Bel Abbès et qui est intervenu directement par téléphone pour témoigner de la grandeur de Lounis. Enfin, le chanteur a cédé à la pression du public en chantant trois de ses oeuvres, ce qui a soulevé la salle, entrée en transe. Aït Menguellet a eu son hommage mérité, un hommage venu des entrailles de la société, un hommage pour le ciseleur du verbe et aussi pour l'homme qui respecte la société qui le lui rend bien en l'adorant. Aït Menguellet méritait bien cet hommage qui lui est allé droit au coeur et ce ne sera pas les Slimane Chabbi, Ahcène Abassi qui diront le contraire! Des gens réservés, très timides et assez âgés se sont vus entraînés par les chansons d'Aït Menguellet et esquisser des pas de danse! L'hommage coïncidait aussi avec l'anniversaire de Lounis, à cette occasion il est difficile de conclure sans souhaiter bon anniversaire au poète et aussi bon vent et ce pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans.