A mesure que l'été approche, l'angoisse des citoyens s'accroît. «Le printemps chez nous ne dure pas.» A peine sommes-nous sortis de l'hiver que les prémices de l'été se font sentir. Les feux de forêts, voici l'une des sources de l'anxiété grandissante des populations. Surtout celles qui occupent le nord du pays. A ce titre, le dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêts mis en place par la direction des forêts prévoit «la mobilisation de 40 comités d'opération permanents au niveau des wilayas, 451 comités de daïra et 1284 comités communaux», a indiqué hier Mohamed Abbas, sous-directeur de la lutte contre les feux de forêts. Ces comités sont soutenus selon Mohamed Abbas «par 1355 comités riverains». Aussi, le dispositif prévoit la mobilisation de «473 brigades, dont 316 sont équipées de camions-citernes légers (à capacité de 600 l). A cela s'ajoutent 40 camions moyens (à capacité de 6000 à 8000 l)». Cela dit, Mohamed Abbas a précisé: «Ce dispositif, qui sera lancé effectivement au début du mois de juin aura pour fonction de sécuriser la superficie de 4.100.000 hectares que couvre le domaine forestier national.» Durant l'été de l'année précédente, pas moins de 2378 foyers de feux ont été recensés sur le plan national. Vous l'aurez compris, ces feux ont dévoré 26.000 ha du patrimoine forestier du pays. Ainsi, une superficie importante de nos forêts, maquis et autres formations végétales a été réduite à des tas de décombres. Sur les décombres errent des silhouettes maculées de sang. Ces silhouettes portent les visages des victimes des accidents de la route et des noyades de la saison estivale précédente. Le monstre du loch Ness routier a fait 265 victimes. Pour l'été prochain, «la Gendarmerie nationale compte relancer le plan Delphine» a signalé le commandant Kerroud du groupement de la Gendarmerie nationale de Chéraga, à Alger. Lancé l'été 2001, le plan Delphine est conçu pour la protection des personnes sur les axes routiers et au niveau des plages dont la sécurisation relève des prérogatives de la Gendarmerie nationale. Autre souci: l'intoxication alimentaire. C'est connu, la saison des grandes chaleurs est la période propice pour la prolifération des fast-foods, quick, gargotes, buvettes, pizzerias et autres restaurants bon marché. Poussent des champignons, des foyers potentiels d'intoxication alimentaire...Chaque année, 3000 à 5000 cas d'intoxications alimentaires sont enregistrés. Le nombre est effrayant. A plus forte raison la prise en charge médicale de chaque victime coûte aux autorités sanitaires entre 2000 et 3000 dinars par jour. C'est dire qu'un cas d'intoxication alimentaire pourrait avoir des répercussions dramatiques. Surtout que nombreux foyers vivent de revenus limités, donc dépourvus de moyens à même de leur assurer la prise en charge médicale indiquée dans les centres de santé privés. Vu la gravité de la situation, un arsenal juridique lourd a été mis en place. Depuis le 9 mars dernier, un texte de loi est venu protéger le consommateur contre toute tentative de fraude pouvant porter atteinte à sa santé, voire mettre sa vie en danger. En effet, de lourdes peines allant de 10 ans à la perpétuité guettent désormais tous les intervenants dans la commercialisation frauduleuse de produits alimentaires. En cas de «décès d'une ou de plusieurs personnes», les fraudeurs encourent «la peine de réclusion à perpétuité». Cela dit, si le produit mis en cause est à l'origine d'une maladie incurable ou une infirmité permanente du consommateur, «les intervenants concernés sont punis de la réclusion à temps de dix à vingt ans et d'une amende d'un à deux millions de dinars». Par ailleurs, la saison estivale arrive dans un contexte de tension et de frayeur avivées par un invité surprise: la grippe porcine. Cette nouvelle invention de la bêtise humaine des temps modernes est en train d'envahir le monde. Comme un malheur n'arrive jamais seul, notre pays n'échappe pas à la triste règle. Et pour cause, trois fausses alertes ont ébranlé la quiétude des citoyens ces derniers jours. Il s'agit de deux personnes admises dans les hôpitaux de Aïn Naâdja et d'El Kettar, à Alger, ainsi que d'un Ukrainien intercepté au port de Annaba. Cela s'est passé vendredi et samedi passés. Heureusement, les analyses faites de leurs prélèvements à l'Institut Pasteur de la capitale, ont conclu «à l'inexistence de cas de contamination au virus A:H1N1». Cela dit, ne sait-on jamais.