Mahieddine Meftah embrasse depuis peu la difficile carrière d'entraîneur avec l'USM Alger. Un ex-joueur dont la carrière a été marquée par plus d'une dizaine de titres nationaux et africains accumulés sous les couleurs de la JS Kabylie, et son dernier club en date, l'Usma. Un footballeur qui a aussi connu les honneurs de la sélection nationale, à maintes reprises, et qui a surtout eu l'occasion d'être souvent sollicité par différents sélectionneurs nationaux avec les Verts. Et parmi ces derniers, figure aujourd'hui en bonne place, Rabah Saâdane. Il a bien voulu nous dire ce que pense aujourd'hui l'ancien milieu défensif des Fennecs, notamment à la veille de la participation de l'EN au prochain Mondial. L'Expression: Aujourd'hui, vous faites partie de cette génération de joueurs qui n'ont jamais eu l'opportunité, par le passé, de participer avec l'EN à une phase finale de Coupe du Monde. Est-ce que cela constitue à vos yeux un sentiment de frustration? Mahieddine Meftah: De la frustration non, mais plutôt des regrets car à l'époque, la génération de joueurs que j'ai longtemps côtoyée sous les couleurs nationales, était à mes yeux parmi les meilleures que l'Algérie a eu. Des Saïb, Tasfaout, Dziri, Amrouche, Chérif El Ouazzani, Menad, Madjer, Acimi, Osmani, et j'en passe, étaient tous des footballeurs hors pair. Quand vous avez côtoyé aussi un joueur professionnel de la trempe d'Ali Benarbia, et même Djamel Belmadi, vous vous dites souvent pourquoi les Verts de notre époque n'ont malheureusement jamais réussi à se qualifier à une phase finale de Coupe du Monde. Il faut dire aussi qu'à l'époque, des pays comme le Cameroun et surtout le Nigeria étaient au top du niveau mondial. Seulement le Cameroun et le Nigeria? Non, il y avait aussi nos voisins du Maroc et de la Tunisie. Les Egyptiens aussi, ceux que nous avons souvent retrouvés sur notre chemin, notamment en 2001, sous l'ère Djaâdaoui. Pourtant, vous en avez fait des CAN avec l'EN, et surtout connu plusieurs belles sensations avec les Verts. Lesquelles, par exemple? Sincèrement, elles sont tellement nombreuses et toutes aussi fortes les unes que les autres, que je ne suis pas en mesure de les citer toutes aujourd'hui. Mais je peux vous assurer que le simple fait d'avoir porté le maillot national, valait à mes yeux le meilleur de tous, surtout quand l'EN jouait en dehors du pays. Revenons maintenant à cette équipe nationale drivée aujourd'hui par Rabah Saâdane et qui a réussi enfin à se qualifier au prochain Mondial. Vous en pensez quoi exactement, notamment en ce moment? Avant tout, une profonde fierté car à travers cette troisième participation à une phase finale de Coupe du Monde, l'Algérie est revenue sur le devant de la scène internationale. Vous savez, lorsque votre EN fait l'impasse durant deux éditions sur une compétition continentale comme la CAN, vous vous dites ce n'est pas possible que le foot algérien en soit arrivé là, et si bas dans la hiérarchie à l'échelle africaine. C'est d'ailleurs pour cela que je considère aujourd'hui la double qualification obtenue dernièrement par l'EN à la CAN 2010 et au prochain Mondial comme un juste retour des Verts parmi les grands d'Afrique. Et au niveau mondial? Attention, il faut toujours être ambitieux dans le football, mais quand on s'apprête à prendre part à une phase finale de Coupe du Monde, il faut savoir mettre le maximum d'atouts de son côté. C'est d'ailleurs ce que Rabah Saâdane a réussi à faire avec l'EN quand il l'a prise en main. Rabah Saâdane que j'ai eu comme entraîneur en Equipe nationale, a toujours su trouver les mots qu'il fallait pour nous expliquer pourquoi il pouvait compter à chaque fois sur nous. C'est vrai qu'à notre époque, il n'y avait pas autant de joueurs professionnels en Equipe nationale, comme c'est le cas aujourd'hui, mais pour Saâdane, l'objectif est toujours le même. C'est-à-dire? Préserver cette même dynamique au sein du groupe, celle qui lui a permis jusqu'ici de faire franchir l'EN avec succès, plusieurs paliers. La dynamique du groupe c'est quoi? C'est selon moi, actuellement qui suis devenu à mon tour entraîneur, cette capacité de compter sur des titulaires capables de porter l'équipe vers l'avant. Et des joueurs comme Ziani, Antar Yahia, Belhadj et Bougherra par exemple, tous sont aujourd'hui en mesure de le faire. Il faut juste que les autres éléments que Saâdane retiendra prochainement pour le Mondial, apportent ce quelque chose qui fait toujours la différence à un moment ou à un autre, durant un match. Finalement, tous ces noms de joueurs donnés dernièrement par la presse, peuvent, selon vous, être retenus par le sélectionneur national? Je pense que Saâdane ne va pas faire son choix sur un coup de tête. Il sait parfaitement qu'il doit avoir à sa disposition 23 joueurs et pas plus pour le prochain Mondial. Seulement, je crois que les gens oublient aussi que juste après le Mondial, il y a les importantes phases de qualification à la prochaine CAN. Et à mon avis, si Saâdane reste à la tête de l'EN après le Mondial, je pense sincèrement qu'il travaillera dans la continuité tout en apportant du sang neuf à l'équipe. C'est pour cela que je conclurai par ceci, selon moi: maintenant, il faut faire confiance à Saâdane!