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L'histoire d'une leçon non retenue
De la catastrophe de Bab El-Oued à celle de Ghardaïa
Publié dans Liberté le 05 - 10 - 2008

La détresse humaine semble ne pas avoir encore réveillé la conscience de nos responsables, léthargiques, qui ne donnent pas l'impression d'avoir pris la mesure de l'immense tragédie qui se déroule pourtant, juste sous leurs yeux, pour peu qu'ils “daignent” regarder dans la bonne direction. Elle creuse encore davantage le fossé entre l'administré et l'administration…
Quatre jours après la déferlante, des dizaines de familles, isolées dans des palmeraies restent encore coupées du monde, privées du moindre élémentaire secours, selon les membres des associations que nous avons rencontrés, très actives sur le terrain. Du côté d'“El-Ghaba”, par exemple, des familles entières attendent d'être prises en charge, ayant tout perdu dans la catastrophe, dont des êtres chers.
Par ailleurs, beaucoup de disparus nous sont signalés sans pour autant pouvoir avancer un chiffre, tant les Touaregs et les Subsahariens, en situation irrégulière travaillant dans ces contrées sont incontrôlés et incontrôlables du fait de leur mode de vie, nomade par excellence. “Nous avons entendu leurs appels au secours, mais nous n'avons rien pu faire pour parvenir jusqu'à eux, devant le déchaînement de la nature. Nous ne savons même pas combien ils étaient. Deux jours plus tard, nous n'avons encore retrouvé personne. Nous ne savons pas ce qu'ils sont devenus”, affirme, un brin pessimiste, Khoudir, membre des scouts musulmans algériens, très actifs sur le terrain.
Ce qui tend à accréditer les rumeurs d'un plus grand nombre de victimes, non encore retrouvées, certainement, encore enfouies sous les tonnes de boue charriée par les crues des oueds en fureur. Le spectacle chaotique renseigne, on ne peut mieux, sur les horreurs vécues par les sinistrés qui se comptent par milliers. Entassés, encore, dans des écoles puisque aucune infrastructure adéquate pour ce genre de calamité n'a été prévue par les autorités, ils souffrent le martyre, subsistant et survivant grâce à la générosité de leurs voisins et compatriotes, qui n'hésitent pas à apporter leur contribution à soulager leur détresse. “Où sont les aides promises ? Nous n'avons rien vu, nos enfants sont en train de mourir devant nos yeux. Après ceux morts, tués par les eaux, c'est maintenant à la faim de prendre son “quota”. Où est Djamel Abbès ? Quand il aura fini de nouer une de ses belles cravates, dites-lui de ne pas oublier de nouer une corde au cou d'une population qui, même s'il ne le sait pas encore, vit dans le
même pays que lui”, explose Abdelouahed, qui a perdu deux enfants dans la catastrophe.
Pieds nus, englué jusqu'à la ceinture, il est à la recherche d'un improbable cadavre.
Survient alors un jeune, en pleurs qui déclare être à la recherche de sa mère emportée par les flots devant ses yeux, culpabilisant de ne pas avoir pu la secourir. “Je n'aurai de cesse de la rechercher, jusqu'à la mettre dans une tombe et l'enterrer de mes propres mains. C'est la seule façon pour moi d'espérer qu'elle me pardonne de ne pas l'avoir secourue et pourtant, Dieu m'en est témoin, je ne pouvais absolument rien faire devant des flots de plus de six mètres de hauteur”. L'odeur pestilentielle de la décomposition de centaines de cadavres d'animaux, moutons, chèvres, ânes et quelques chats, est partout. La peur de la contamination des eaux de puits fait craindre le pire, sans pour autant que les services concernés apportent l'assurance ferme d'une maîtrise de la situation épidémiologique.
À Baba Saâd, quartier fortement touché et détruit en plusieurs endroits, la situation des sinistrés n'est pas plus reluisante qu'ailleurs. Il est vrai, qu'en matière de réception des secours, c'est mieux qu'hier, mais c'est une goutte d'eau par rapport aux besoins réels. “Nous demandons aux autorités de venir constater de visu l'ampleur du drame qu'a vécu notre quartier”, affirme Ahmed Bounoua, membre de l'association du quartier de Aïn Lebeau, insistant pour nous faire visiter l'état lamentable dans lequel subsistent quelques familles dans des demeures entièrement dégoulinant de boues. Des enfants dormant à même le sol attirent notre attention. “Ils n'ont bu une goutte de lait depuis trois jours”. “Nous ne leur donnons que quelques miettes de gâteaux, récoltés chez les familles compatissantes de notre drame”, ajoute Ahmed Bounoua.
La détresse est partout, les mines fatiguées de chercher partout sans savoir exactement quoi chercher. Tout le long du chemin , en empruntant les vieilles ruelles menant de Baba Saâd vers la place du Marché, une extraordinaire mobilisation de la population s'est mise en place pour nettoyer les ruelles des tonnes de boue qui se sont déversées et ont défiguré totalement leur cadre de vie.
“Nous avons appris depuis longtemps à ne compter que sur nous mêmes. L'Etat nous a abandonné il y a longtemps, cela nous le savions et maintenant nous en avons la douloureuse confirmation. Pour preuve, pouvez m'expliquer comment un état arrive à faire parvenir 2 millions de dollars, s'il vous plaît, jusqu'au fin fond du Pacifique, au peuple Cubain, mais se retrouve incapable de faire parvenir une poignée de DA, à une partie de sa population à un jet de pierre de leurs confortables villas, dans la capitale”, nous assène, un jeune, la trentaine, lunettes cerclées, la mine intellectuelle. “Ne t'en fais pas, ils vont se rappeler de nous, pour leur apporter notre ‘caution' pour un troisième mandat, synonyme d'encore plus de rentes et d'avantages pour eux. Posez la question à M. Djamel Ould-Abbès, où se trouve Ghardaïa ? En tout cas loin, très loin de Barbès…” ajoute un autre sans nous laisser le temps d'en savoir plus sur le fond de sa pensée.
Essayant par tous les moyens d'avoir, ne serait-ce qu'une déclaration officielle, nous avons fait pendant des heures le pied de grue devant les portes de la wilaya, sans succès. Le mépris affiché devant la presse est insupportable en ces temps de douleur pour toute une partie de la population qui ne demande qu'à être bien informée pour prendre ses dispositions.
La communication officielle locale, hésitante, balbutiante et inopérante, n'arrive pas à lever le doute sur toutes les questions posées. Inscrite aux abonnés absents, la cellule de communication de la wilaya a un immense effort à faire dans le domaine, avec les médias. L'amateurisme communicationnel à encore de beaux jours devant lui.
L. KACHEMAD


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