Le tomber de rideau sur la 3e édition du Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes a eu lieu, jeudi dernier, à la salle Ibn-Zeydoun (Oref), avec un concert de l'Ensemble national de musique andalouse sous la direction du maestro Rachid Guerbas. Massivement présent, le public a apprécié, jeudi dernier, pour la dernière soirée de la 3e édition du Festival national de musique andalouse et des musiques anciennes, un concert de grande facture proposé par l'Ensemble national algérien qui était composé, pour l'occasion, des trois écoles algériennes du genre, à savoir El Gharnatiya de Tlemcen, Malouf de Constantine et Sanaâ d'Alger. Après une partie introductive où le maestro Rachid Guerbas – également commissaire du festival — a expliqué à l'assistance les différents modes et articulations d'une nouba andalouse, un hommage a été rendu à deux figures emblématiques du genre : Boudali Safir et Hassen Ben Choubane, qui ont milité et consacré leur vie pour porter cette musique et l'exporter au-delà des frontières. La place a été cédée ensuite aux vingt musiciens (des trois écoles) et aux quatre solistes, notamment Nacer Eddine Chaouli, Mohamed Ben Miloud, Fateh Rouana et Farah Baba Ammi, pour un concert haut en variations rythmiques et en prouesses vocales. Le programme de l'Ensemble national algérien a été entamé par une touchiyya inédite, composée par le chef d'orchestre lui-même. La nouba Hssine, ainsi que d'autres morceaux rares et peu courants, ont été également revisités pour le grand plaisir du public qui a eu droit à un show sensationnel. Organisée du 15 au 25 décembre dernier, la 3e édition du Festival national de musique andalouse et des musiques anciennes, qui tend à promouvoir le genre et à encourager les jeunes à s'initier à cette musique, a vu la participation de plusieurs associations algériennes, mais également étrangères, venant de plusieurs pays, notamment de Syrie, Turquie, Tunisie, Maroc, Libye, Espagne, Portugal, Madagascar, Arménie et Algérie ; elle s'est donc terminée avec un goût de conquête, compte tenu des différents galas d'artistes chevronnés et de la présence importante du public. L'objectif des organisateurs, selon le directeur du festival, Samir Zeghmi, est de permettre aux jeunes praticiens de cette musique de “nouer des contacts et surtout de voir comment travaillent les professionnels. Après tout, c'est un travail à temps plein qui demande rigueur et ouverture”. M. Zeghmi ajoute : “Nous espérons que ces musiciens s'ouvrent sur les autres cultures et surtout qu'ils comprennent que nous faisons partie d'un tout.” En revanche, le public a souvent été absent lors des différentes conférences, organisées le matin (10h30) depuis le début du festival, à la salle Frantz-Fanon (Oref), bien qu'elles aient été animées par des professionnels et des spécialistes. À cela, notre interlocuteur argumente : “C'est un problème d'horaire. On va essayer, pour les prochaines éditions, de programmer ces conférences plus tard dans la journée. En fait, on a eu un problème logistique là-dessus puisque les artistes arrivent généralement la veille de leurs concerts pour repartir le lendemain.” Alger retiendra de ces onze soirées la générosité des artistes étrangers, les prestations des jeunes talents issus d'associations algériennes lauréates de concours nationaux, une organisation cohérente et un concert en apothéose pour la clôture. En fait, la démarche de professionnalisation de cette musique, vers laquelle tend le festival, et que l'organisation fait sienne, commence à prendre forme. Sara Kharfi