Les pays non-Opep, y compris la Russie, ne participent pas aux efforts de stabilisation du marché, a affirmé le ministre de l'Energie Chakib Khelil. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) attendra l'évolution du marché international pour prendre la décision qu'il faut lors de sa prochaine réunion du 28 mai à Vienne. Selon son secrétaire général, M. Abdallah El-Badri, en visite depuis quelques jours en Algérie, l'Opep tiendra compte de la situation de l'offre et de la demande des stocks mondiaux et surtout de la récession. En effet, le ministre de l'Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, qui a co-animé une conférence de presse hier avec M. El-Badri au siège du ministère, a rappelé que le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une décroissance mondiale de moins de 1,37%, notamment pour la Chine qui revoit à la baisse sa croissance de 12% à 6,5%. En somme, tous les pays de l'OCDE s'attendent à une décroissance de -4%. “Il faut tenir compte du fait qu'il y a une récession mondiale dont on ne maîtrise pas la durée, la persistance et la portée”, a souligné M. Chakib Khelil. Toutefois, précise-t-il, il existe de faibles éléments qui augurent d'une possibilité de reprise de l'économie mondiale. Il est possible, ajoute-t-il, que la décroissance se stabilise et qu'une probable reprise intervienne à compter de l'année prochaine. Une chose est certaine, d'ici le 28 mai prochain, “nous savons que nous avons des niveaux de stocks très élevés, soit l'équivalent de plus de 60 jours alors que l'objectif de l'Opep, ce sont 52 jours”, indique Chakib Khelil. Pour lui, un autre paramètre vient s'ajouter à cette situation. “Des pays non-Opep ont augmenté leur production de plus de 500 000 barils/jour”. La question qui se pose actuellement est comment établir cet équilibre. “Ce sont les efforts historiques consentis par l'organisation qui ont permis de stabiliser les cours au-dessus de 40 dollars puis aux environs de 50 dollars en ce moment”, tient à préciser le ministre pour qui un effort supplémentaire reste à faire pour établir l'équilibre. Car, explique El-Badri, il reste exactement 722 000 barils/jour de pétrole à retirer encore sur le marché pour que les décisions prises à Oran atteignent un niveau d'application de 95%. “Il y aura un choix à faire. Est-ce qu'on va réduire ou non ? S'il y a une reprise de l'économie mondiale, la demande va sans doute se renforcer et, à ce moment-là, on n'aura pas besoin de réduire la production”. Le ministre estime que les prix atteindront les 60 dollars vers la fin de l'année 2009. Ce niveau des prix se maintiendra même pendant l'année 2010, affirme-t-il. Pour sa part, M. Abdallah El-Badri avoue qu'“il y a des signes de relance positifs de l'économie mondiale qu'il faut prendre en considération dans la prise de n'importe quelle décision à l'avenir”. Les quotas de réduction ne sont respectés qu'à hauteur de 83% Néanmoins, les prix actuels demeurent, relève-t-il, insuffisants pour faire face aux frais des projets d'investissement dans le secteur de l'énergie. En outre, avec un tel niveau des cours, les revenus des membres de l'Organisation ont baissé de 35% par rapport à 2008. L'autre conséquence : parmi 160 projets d'augmentation de la production envisagés par les pays de l'Opep, environ 35 ont été ajournés pour 2013. “Le prix qui permet des recettes raisonnables et acceptables pour les pays de l'Opep, et qui est à même d'assurer la concrétisation des projets d'investissement, est de plus de 70 dollars le baril”, déclare M. El-Badri. Les deux conférenciers reconnaissent que seule l'Opep fournit des efforts pour stabiliser les prix. Qualifiant d'“historique” et d'“importante” la décision de réduction de 2,2 millions de barils/jours, prise lors de la réunion d'Oran, le SG de l'Opep estime que plus de 83% des membres se sont conformés à cette mesure et ont procédé à son application. Il faut dire, cependant, que le taux d'application de la décision n'a pas connu de changement. Le respect des quotas est resté effectivement le même, soit 83% depuis décembre dernier. Par ailleurs, M. El-Badri a confirmé les contacts avec les pays non-Opep, surtout la Russie afin d'essayer de la convaincre à joindre l'organisation, ou du moins appliquer ses décisions notamment pour la baisse de la production. Badreddine KHRIS