Présent à Tamanrasset en marge de la visite de travail de M. Sellal, le ministre délégué aux Collectivités locales, M. Daho Ould Kablia, a profité de cette occasion pour remettre les points sur les i par rapport à certains dossiers qui ont agité l'actualité. Du code communal, aux évènements de Berriane, en passant par le futur découpage administratif, il s'est exprimé en toute spontanéité lors d'un point de presse. “Je vais répondre en étant le plus précis possible, dira le ministre, et ce, pour éviter les fausses interprétations, telles que celles qui m'ont été prêtées dernièrement au sujet du code communal devant le Conseil des ministres. Des choses tout à fait ridicules, car ce n'est pas à mon âge que je vais dévoiler ce qui va se passer au niveau d'un Conseil des ministres. Quand je parlais du code communal, j'ai dit que c'était inscrit dans les points qui figurent dans le plan d'action du gouvernement. Alors a posteriori, aujourd'hui, à partir de ce que vous avez entendu au niveau des Assemblées, vous savez qu'il y a deux cents points inscrits dans ce plan d'action. Faire le découpage administratif, le code communal, la réforme de l'administration etc. Tout ce qui a trait au ministère de l'Intérieur, ce sont des projets inscrits. Maintenant, la programmation de ces projets, c'est une affaire du gouvernement. C'est au gouvernement de transformer ce plan d'action quinquennal et le décliner en séquences annuelles et aussi de décider de la priorité à accorder à chaque projet.” Pour étayer davantage son argumentaire, Daho Ould Kablia précisera que “l'essentiel, c'est que lorsque le gouvernement ou le Premier ministre décidera d'inscrire à son ordre du jour un des points qui figurent parmi les attributions du ministère de l'Intérieur, ce dernier sera prêt pour y répondre. Donc, pas la peine d'y aller en conjecture, en disant que ça y est, c'est pour demain où après-demain. Tout cela reste encore indéfini puisque le plan vient juste d'être adopté et le gouvernement est en train de classer les priorités”, dira-t-il. Ceci s'agissant du plan d'action du gouvernement. Une sévère mise au point de la part du ministre délégué aux Collectivités locales qui a ainsi remis les choses dans leur réel contexte. Daho Ould Kablia a profité de cette occasion pour évoquer d'autres sujets à l'instar du découpage administratif qui est, dira-t-il, “au niveau des concepts”, mais annonce, par ailleurs, d'autres raisons pour le faire. “Pour ce qui est du découpage administratif, nous en sommes au niveau des concepts et des critères à définir pour la création des wilayas déléguées, et ce, en fonction des nombres d'habitants, des activités économiques de manière à éviter la surcharge sur certaines wilayas, notamment celles qui ont plus de 50 communes. Il y a aussi des critères à caractère stratégique. Il faut peut-être créer des wilayas dans des zones frontalières afin de mieux sécuriser nos frontières. Il y a aussi des raisons sociopolitiques, et ce, en fonction de certaines régions qui connaissent des vicissitudes avec d'autres régions à l'exemple de Boussaâda et M'sila où Barika et Batna, il est évident qu'il faut les séparer. Parce qu'aussi il y a des considérations historiques. Cela étant, il faut aussi préparer les hommes, car une wilaya, c'est un wali délégué, des services techniques, un exécutif. Il n'y aura pas d'assemblée élue au niveau de ces wilayas, leur objectif est de préparer l'érection de cette wilaya déléguée en une wilaya normale avec tout ce qui lui faut comme attribution. Cela dit, le ministère de l'Intérieur propose un avant-projet qui sera soumis au gouvernement, puis au Conseil des ministres et sera transformé d'avant-projet en projet pour qu'il puisse atterrir enfin au niveau de l'Assemblée nationale qui aura le fin mot”, ajoutera-t-il. “À Berriane, il y a forcément des intérêts qui sont en jeu” Lors de ce point de presse improvisé, le ministre délégué reviendra sur les évènements de Berriane, d'autant plus que l'enquête les concernant vient d'être achevée, mais, lui n'a rien dévoilé, même s'il reconnaît qu'il y a des intérêts qui sont en jeu. “L'enquête sur les évènements de Berriane est terminée. Toutefois, elle n'a rien révélé d'extraordinaire. Entre ibadites et malékites il y a des décennies pour ne pas dire plus d'un siècle de coexistence. Une coexistence qui était plus au moins fragile. Il s'agit au fait de deux types de formation psychosociologique différents, ajoutant à cela le problème du chômage. Les malékites estiment que les ibadites bénéficient de plus de moyens. Mais ce n'est pas tout à fait cela. En termes communautaires, Berriane est la seule ville de la vallée du M'zab où les deux communautés sont d'égale importance, ce n'est pas comme Ghardaïa ou Béni Yezguen où les malékites sont noyés dans la masse, largement minoritaires. C'est la définition d'une vie sociale presque entièrement pilotée par la communauté mozabite. À Berriane, il y a forcément des intérêts qui sont en jeu. À Berriane, j'ai été investi de la confiance des deux parties, donc j'ai simplement apporté ma caution comme une autorité morale pour faire avancer le processus de réconciliation. Elle s'est faite, mais il reste beaucoup de choses à faire, il y a toujours le problème de ghettoïsation. Nous avons réglé le problème de scolarisation, notamment en ce qui concerne l'examen du baccalauréat, nous avons sécurisé davantage la ville, depuis aucun incident n'a été signalé, et ce, depuis la signature de la feuille de route. On ne s'est pas arrêté là, car nous avons sensibilisé les autres parties en dehors de Berriane, les élus, les notables, les présidents de comité, que ce soit le conseil El-Kouti ou Ami Messaoud”, a-t-il déclaré. Il reconnaît la difficulté de la mission en soulignant la maturité des acteurs de la région. “Donc, maintenant les gens savent que la situation ne doit pas perdurer. À côté de cela, nous avons mis en place un plan spécial pour Berriane avec des logements, des forages pour l'alimentation en eau, des infrastructures sportives. Ce sont 109 milliards de dinars pour la seule année de 2009. Ce budget sera inscrit dans la loi de finances complémentaire. Je dirais aussi que c'est une crise identitaire artificielle, ce problème identitaire a été accentué depuis quelques années, parce qu'il y a des interférences. Aujourd'hui, les responsabilités sont difficiles à situer. Enfin, je dirais que les comités jouent leur rôle et qu'aucune concession n'a été faite sans qu'elle ne passe par les comités, notamment concernant les libérations provisoires”, a-t-il conclu. Chérif Memmoud