Lors de leur réunion, les pharmaciens d'officine ont également débattu de la problématique des marges bénéficiaires que risque de poser cette nouvelle loi. Réunis avant-hier à Tizi Ouzou sous l'égide de leur syndicat, le Snapo, et en présence des membres de la direction nationale et des représentants des bureaux des wilayas de Boumerdès, Béjaïa et Bouira, les pharmaciens ont convenu de se mobiliser et continuer à se battre pour défendre les intérêts moraux et matériels de leur profession qui fera incessamment, selon leurs représentants syndicaux, l'objet d'une révision en profondeur. Cette révision complète, que la loi sanitaire n'a pas connue depuis sa promulgation en 1985, a été décidée lors de la récente audition du ministre de la Santé par le président de la République qui l'aurait chargé, selon le président national du Snapo, d'adapter l'ancienne loi régissant l'activité des pharmaciens d'officine aux nouveaux besoins. Selon les représentants des syndicats, la révision de cette loi est, certes, une nécessité d'autant que tous les changements qu'elle a connus ne sont jusque-là que des changements partiels, et que le projet de révision totale, entamé durant l'année 2000, a été abandonné, mais elle fait toutefois craindre, de l'avis des participants à cette assemblée générale régionale, la remise en cause du principe de l'unicité de la propriété et de la gestion de la pharmacie par le pharmacien et l'ouverture de la voie à la multiplicité et à l'association dans la propriété et la gestion qui permettra à des affairistes de verser dans la location du diplôme de pharmacien et l'ouverture de chaînes de pharmacie. Lors de leur réunion, les pharmaciens d'officine ont également débattu de la problématique des marges bénéficiaires que risque de poser cette nouvelle loi. Sur ce point précis, les pharmaciens comptent mener toutes les batailles qui s'imposent pour ne pas voir leurs marges bénéficiaires réduites comme cela leur a été, disent-ils, déjà signifié. “Nous n'accepterons une réduction des marges déjà faibles que si des compensations, dont la suppression de la TAP et la réduction de la TVA, sont accordées”, a déclaré un des vice-présidents du Snapo. Pour améliorer leur marge bénéficiaire, les syndicalistes entendent proposer aux autorités de se constituer en groupement d'achat pour pouvoir mieux la négocier avec les importateurs de médicaments. Une autre proposition, que comptent formuler les pharmaciens, concerne les gardes dont la loi les réglementant jusqu'ici est devenue “obsolète” avec l'adoption du nouveau week-end. La rencontre des professionnels du médicament était également l'occasion de soulever un épineux problème, à savoir celui de la généralisation à venir de la carte Chifa. Pour eux, “c'est une injustice” que de mettre à la disposition de certaines officines, notamment dans les wilayas-pilotes, le lecteur de cartes gratuitement, alors que les autres doivent l'acheter et de plus obligatoirement chez un seul fournisseur qui détient le monopole.