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Le complot Bouteflika
Comment en finir avec la presse
Publié dans Liberté le 25 - 08 - 2003

Le pouvoir sort un nouveau joker contre les journaux
Le plan Bouteflika
Après le coup des imprimeries, voilà que l'Inspection du travail s'en mêle.
Le pouvoir continue sa persécution d'un certain nombre de titres de la presse indépendante. Après les mesures de suspensions arbitraires, sous de fallacieux arguments financiers ciblant six journaux privés, ces derniers font actuellement l'objet de harcèlement de la part de l'administration à travers des visites de l'Inspection du travail et de la Sécurité sociale (Cnas). C'est le cas de notre journal Liberté, du Matin, du Soir d'Algérie et de L'Expression. Liberté, a en effet reçu, hier, la visite d'une équipe de la caisse nationale d'assurance sociale (CNAS). L'Inspection du travail, pour sa part, a rendu visite à notre journal mardi dernier et n'a cessé, depuis, de revenir à la charge chaque jour, jusqu'à hier, pour demander de plus amples renseignements sur le personnel de Liberté. Selon notre responsable du personnel, l'Inspection du travail a demandé hier “en plus d'un état quantitatif par fonction du personnel collaborateur au sein de Liberté, un état nominatif par fonction a été également exigé”. Même cas de figure pour nos confrères du Matin, du Soir d'Algérie et de L'Expression encore frappés de suspension jusqu'à ce jour. Ces mesures ont été qualifiées d'arbitraires et d'inopportunes par nos confrères contactés hier. Selon le directeur de la rédaction du Soir d'Algérie, Nacer Belhadjoudja : “Après la suspension arbitraire des journaux, le pouvoir cherche actuellement d'autres moyens pour étouffer les entreprises de presse.” “Nous ressentons ces visites comme une véritable campagne contre les entreprises de presse.” Aux yeux du directeur du Soir, la visite des équipes de l'Inspection du travail et de la CNAS “ne pose aucun problème”. “Les agents de la CNAS et de l'Inspection du travail ont, selon lui, le droit de faire des vérifications chez les entreprises et au sein de la presse.” Mais le fait est qu'il est tout à fait clair que la démarche vise non pas un travail routinier de l'Inspection du travail et de la CNAS, mais l'objectif est d'instrumentaliser l'administration pour trouver une faille pour étouffer définitivement les journaux privés. “D'ailleurs, les agents de la CNAS qui nous ont rendus visite ont été gênés de constater que tout était régulier chez nous”, a souligné Belhadjoudja. Même écho chez nos confrères du Matin. Selon Rachid Mokhtari : “s'il est tout à fait normal que la CNAS et l'Inspection du travail fassent des visites chez les journaux, il faut tout de même relever que cela intervient dans un contexte de musellement de la presse indépendante.” Selon lui, “le pouvoir utilise les institutions de l'Etat et ses moyens de contrôle comme moyens de répression”. Autrement dit, cela procède de la même logique de répression qui frappe la société, explique notre interlocuteur. “C'est le même Zerhouni qui a envoyé la police dans les imprimeries pour bloquer les journaux, c'est lui, également, qui a envoyé sa flicaille à l'aéroport Houari-Boumediene pour fouiller le directeur du Matin, c'est aussi le même Zerhouni qui a réprimé en Kabylie et qui a utilisé l'administration pour protéger des personnalités impliquées dans l'affaire de la baigneuse. C'est aussi Zerhouni qui a essayé par tous les moyens de l'administration d'invalider le VIIIe congrès du FLN.”
Les journaux privés, non frappés par la mesure de suspension, à l'image du Jeune Indépendant, de La Nouvelle République et de La Tribune, n'ont pas eu récemment la visite des équipes de la CNAS et de l'Inspection du travail. Selon Djakoun, le directeur de la publication de La Nouvelle République, “des équipes de l'Inspection du travail et de la sécurité sociale ont rendu visite au journal il y a deux ou trois ans”. Pour Abdelkrim Ghezali, le directeur de la rédaction de La Tribune, “des équipes des impôts, de la cnas et de l'Inspection du travail ont rendu visite au journal, il y a de cela neuf mois”.
Du côté des médias publics, on adopte plutôt une attitude frileuse.
Larbi Timizar, le directeur de la rédaction d'El Moudjahid, dira : “on a des contacts réguliers avec l'Inspection du travail et on a des contrôles réguliers de ces équipes chez nous.” À quand remonte le dernier contrôle ? Avons-nous interrogé. “Je ne saurais vous le dire. À un mois à peu près. C'est l'administration qui est le plus au courant.” Toujours est-il, selon Timizar, “il y a un membre du personnel d'El Moudjahid qui fait office de correspondant avec la CNAS”. Pour l'APS, son directeur de l'information, Toufik Kheladi, nous a demandé de rappeler aujourd'hui, car “le DAG finit son travail à 17h et le directeur de la publication, Nacer Mehel, est absent” .
Nadia Mellal
Des quotidiens mis sur écoute
Selon des sources concordantes, les services du ministère de l'Intérieur ont décidé de mettre sur écoute les téléphones de certains journaux. Un matériel extrêmement sophistiqué aurait été récemment acquis par les services de Zerhouni. Les téléphones fixes et les portables de certains directeurs de journaux, bien ciblés, sont, désormais, mis sur écoute.
À Alger, on affirme que les communications téléphoniques sont interceptées par les services du ministère de l'Intérieur. Le matériel d'écoute aurait été acquis sur insistance du ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni.
Bouteflika et la presse
Une relation mal partie dès 1999
C'est désormais établi. Le président Bouteflika ne pourra plus se voir exonéré de critiques concernant ses relations avec la presse de son pays. Il avait beau jeu de se présenter devant ses interlocuteurs occidentaux comme le Président qui n'a pas suspendu de journaux. Il ne pourra plus le faire.
Et pour cause, les quotidiens les plus influents que compte la presse indépendante viennent de passer à la trappe d'une censure que le pouvoir, toujours paradoxalement lâche lorsqu'il s'agit d'assumer sa nature despotique, veut maquiller en sanction commerciale. Mais, le moment où l'épée de Bouteflika s'est abattue est trop singulier pour rendre crédibles ses arguments. La suspension ne sanctionne pas un manquement des journaux à l'égard des sociétés d'impression, puisque les factures doivent être réglées 60 jours après les prestations. C'est bien ce que stipulent les contrats entre les éditeurs et leurs partenaires du secteur public. Mais, peut-on demander à un pouvoir d'être respectueux de la légalité lorsqu'il viole quotidiennement et sans ciller la Loi fondamentale qu'est la Constitution ? Bouteflika n'est soucieux ni de légalité ni d'Etat de droit. Sa seule préoccupation, c'est son avenir politique et les avantages financiers qu'il peut impliquer pour lui et sa famille. Il n'est donc pas disposé à laisser subsister le moindre obstacle dressé sur le chemin d'un second mandat. Et la presse en est un ! La décision de sévir contre elle est opportunément survenue au moment où les colonnes des quotidiens concernés fourmillent d'informations sur les turpitudes du président de la République à la grande stupéfaction des citoyens. Ces derniers découvrent à quel point leur confiance a été abusée par les discours lénifiants d'un dirigeant qui n'hésite pas à manier le discours moralisant et religieux pour apparaître comme un redresseur de torts.
Le discours n'est en fait que soporifique. La tromperie a ainsi duré, dévoilée par l'audace d'une presse que le Président croyait trop minable pour susciter son intérêt. En fait, les relations entre le président Bouteflika et la presse indépendante n'ont été jalonnées que de tensions.
Autoproclamé rédacteur en chef de tous les médias publics, il a soumis à sa seule dévotion la Télévision, la Radio et les journaux gouvernementaux. Pas de voix discordante. Pas de contradiction. C'est parce qu'il ne pouvait l'effacer d'un trait, en raison de son prestige acquis à force de luttes, qu'il a toléré la presse indépendante. Mais pour la diminuer, il a cru pouvoir la tenir dans le mépris. Déjà avant son élection, les journalistes ont été comparés aux masseuses de bains maures très friandes de commérages.
En fait, Bouteflika n'avait pas admis d'être présenté trivialement comme le candidat parrainé par l'armée. C'étaient des propos de mégères pour celui qui aurait aimé être salué comme le messie attendu depuis la mort de Houari Boumediene en 1978. “Elu” à la présidence de la République au terme d'un scrutin surréaliste, marqué par le retrait de ses adversaires, il tiendra la presse indépendante dans le mépris le plus total. Certes, elle est conviée à couvrir ses déplacements à l'intérieur du pays. Certains journalistes privilégiés ont même eu le droit de l'accompagner dans ses voyages à l'étranger.
Pourtant, il n'a jamais animé de conférence de presse en Algérie. Jamais accordé d'interview à un journal algérien. En la matière, même les médias publics ne sont pas mieux lotis. Ils sont réduits à diffuser ses discours et condamnés à reproduire des entretiens accordés aux médias étrangers.
Occidentaux ou orientaux, les médias étrangers n'ont jamais été sevrés par Bouteflika. Télés, radios, journaux — prestigieux ou quelconques —, les portes de la présidence de la République n'ont jamais été fermées pour eux.
Des journalistes avaient même eu droit à des appels personnels du Président dans leur chambre d'hôtel. Il se montrait soucieux de leur confort. En fait, soucieux de son image. Car, Bouteflika n'en a cure de ce que pense son peuple de lui. Ce qui le préoccupait, c'était le regard de l'étranger. Et si les journaux qui rendent compte de ses turpitudes n'avaient pas de résonance internationale, ils auraient peut-être continué de paraître.
Rafik BENKACI


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