Au même titre que tous les Algériens, Rabah Madjer était abattu et n'arrivait pas à comprendre ce qui s'est passé réellement dimanche à Bangui. Dans une déclaration à Liberté, faite à partir de Doha, l'ex-star de Porto était très touché par la défaite. “Franchement, je suis abattu. Tout le monde est triste par cette surprenante défaite et par le comportement pour le moins inquiétant des joueurs sur le terrain. J'ai beau essayer de trouver les raisons de cette débâcle, en vain. Je sais que tout le peuple algérien veut des explications de cette défaite. On se pose toujours des questions sans trouver de réponses. Il est inadmissible de perdre face à une modeste équipe classée parmi les dernières équipes du monde. On a même frôlé le pire au vu des occasions ratées. On pouvait prendre plus de buts, on l'a vraiment échappé belle, pourtant ce n'est pas le talent qui manque dans cette équipe qui dispose de très bons joueurs. J'ai constaté, comme tous les spécialistes, que cette équipe régresse de plus en plus depuis son retour du Mondial sud-africain. On s'est dit que le nul face à la Tanzanie était un accident de parcours et qu'on pouvait se rattraper face à la République Centrafrique. Non seulement, on ne s'est pas racheté, mais on a été humilié. Je pense que la situation est grave. Il faut réagir au plus vite et remettre cette équipe sur le rail avant qu'il ne soit trop tard. Avec un point seulement dans l'escarcelle en deux matches, il y a un risque réel de compromettre les chances de qualification”, dira-t-il avec une grande déception. Et d'ajouter : “Il faut se remettre au travail dès maintenant. Je ne veux blâmer personne, mais il faut tirer les enseignements nécessaires et procéder aux correctifs utiles. J'estime que les responsables de la fédération doivent assumer cet échec. On touche maintenant le fond.” Questionné sur l'avenir de cette équipe qui n'arrive plus à gagner en match officiel depuis janvier 2010 face à la Côte-d'Ivoire (3-2) en quart de finale de la CAN en Angola, l'ex-sélectionneur national dira : “Je crains le pire pour l'avenir de cette équipe, si on continue à la gérer avec les mêmes idées. Il faut un changement radical et des solutions appropriées pour retrouver notre football et surtout la confiance que l'équipe avait perdue depuis longtemps. Il faut se mettre autour d'une table et débattre sereinement et sans passion de l'avenir de cette équipe, car le prochain match officiel est dans cinq mois. On a assez de temps pour remettre le train sur les rails et repartir sur de bonnes bases. Un constat objectif loin de toute complaisance doit être fait pour apporter le remède nécessaire.” L'homme à la célèbre talonnade conclut : “Si on continue à gérer cette équipe avec les mêmes idées, elle n'ira pas loin et risque même de rater la prochaine CAN. Il faut réagir au plus vite.”