Intervenant à l'occasion du troisième conseil fédéral ordinaire du FFS à Tizi Ouzou, le premier secrétaire du parti, Karim Tabbou, a dressé, encore une fois, un constat des moins reluisants de la situation du pays qu'il estime être en perpétuelle dégradation puisque, dit-il, “l'Etat est réduit à un fonctionnement routinier de ses institutions”. “Le pays traverse une des périodes les plus creuses de son histoire”, a-t-il déclaré, expliquant que le fonctionnement de l'Etat est réduit au rituel des auditions de ministres par le chef de l'Etat et au mouvement répétitif dans le corps des walis. Plus grave encore, estime Karim Tabbou, le pays ne cesse de se renfermer dangereusement sur lui-même. À ce titre, l'orateur cite l'interdiction faite aux maires et aux chercheurs universitaires de partir à l'étranger sans obtenir au préalable une autorisation du ministère de l'Intérieur, l'interdiction faite aux ambassadeurs de ne plus entrer en contact avec la société civile algérienne puis, aussi, le nouveau code communal “qui fera des municipalités des postes avancés du pouvoir”, et ce, dans l'optique, a ajouté Tabbou “de faire de l'Algérie un vaste commissariat de police”. À la lumière de ce constat, le premier secrétaire du FFS dira que “c'est parce que la situation du pays est délicate que les forces du changement sont interpellées pour réfléchir et entreprendre des initiatives politiques nouvelles et porteuses d'espoir”. C'est dans cet esprit d'ailleurs, dira Tabbou, que le FFS a lancé l'idée d'organiser une conférence nationale d'évaluation. “ça sera pour nous l'occasion d'actualiser notre stratégie politique au vu de nos expériences, des enjeux et des priorités du pays et de faire émerger des débats qui ont du sens”, dira-t-il, non sans ajouter qu'actuellement le vrai débat est remplacé par de faux débats qui tuent d'ailleurs le débat. Il est question, au terme d'une action politique lucide, réfléchie et courageuse de donner aux citoyens les moyens de faire des choix et d'en assumer pleinement les conséquences, a expliqué encore Tabbou, non sans relever que cela reste, dans le contexte actuel, insuffisant et parfois inexistant. Ce qui fait, d'ailleurs, que de son avis, la citoyenneté n'est pas encore pleinement conquise. Intervenant à la même occasion, Djelmani Mohammed, un des membres fondateurs du FFS de Ghardaïa, a préféré aborder le volet économique du pays qu'il estime “être paralysé et complètement bloqué” par la gestion prônée par les dirigeants algériens qui, faute de vision claire et de stratégie précise, ont choisi de gérer la sphère économique à coups de lois de Finances dont les dispositions ne répondent à aucun entendement.