Devant un tel constat, le premier responsable du plus vieux parti d'opposition estime qu'il ne faut ni capituler ni abdiquer. Intervenant, hier, à l'occasion du 2e conseil fédéral ordinaire de la fédération du FFS à Tizi Ouzou, à l'effet d'expliciter les nouvelles orientations politiques contenues dans le message adressé au conseil national du parti par Aït Ahmed, le 6 mars dernier, le premier secrétaire national du parti, Karim Tabbou, a dressé un tableau des plus sombres de la situation politique en Algérie. “Le pouvoir est déterminé à briser toute opposition et opposant, et ce, au moment où le peuple continue de vivre dans la précarité sociale, la répression et la violence institutionnelles qui menacent l'avenir du pays”, dira le premier secrétaire national du FFS ajoutant que “le pays est enceinte de violence et accouche chaque jour de faits plus violents”. Des violences multiformes qui favorisent, selon l'orateur, la régression de la politique et de la société en général, d'une part, et la progression des militaires, des milliardaires et de la maffia d'autre part. Plus explicite, Karim Tabbou dira, en faisant allusion toujours au message du Zaïm que “la vie politique en Algérie est en voie d'extinction, l'Etat est gagné par une crise de légitimité, la répression et la corruption sont devenues le seul ciment de l'Etat, et ce au moment où la société ne cesse de se déstructurer et de se disloquer”. Une situation qui fait alors de l'Algérie, poursuit Tabbou, un pays bloqué, un pays qui n'a de vie que l'impératif de fonctionnement, et un Etat réduit à un territoire géographique géré par les services de police qui exercent un pouvoir absolu de contrôle sur le peuple dont ils ne font pas plus qu'un adversaire. Pour lui, il faut plutôt redéfinir les instruments de navigation politique afin de desserrer l'étau du pouvoir qui cherche à restaurer la dictature, à semer la confusion pour rendre l'Algérie illisible de l'extérieur et surtout à étouffer la société en la soumettant à un stress qui l'empêche de réfléchir à de quelconques perspectives politiques. “L'intérêt aujourd'hui, où il est vrai que se réunir relève déjà d'un défi, n'est pas de dresser des constats ou d'être tous en colère contre le pouvoir mais nous avons plutôt besoin d'une véritable décantation politique et d'engager de nouvelles perspectives mobilisatrices et aussi d'une sérieuse évaluation du pays sur le plan économique, politique et social afin de sortir avec des perspectives fiables et opérationnelles”, suggéra Karim Tabbou, tout en insistant de façon particulière sur la décantation politique qui permettra, dit-il, de corriger le déséquilibre entre ceux qui existent dans la société et ceux qui n'existent que dans les journaux. Ces journaux, a-t-il souligné, qui se sont transformés en la seule scène politique existante, et ce, faute de véritable scène politique. L'intervention de Karim Tabbou a été achevée avec un appel aux militants et cadres du parti afin d'apporter, chacun, des propositions d'actions, de perspectives et de stratégie à soumettre au prochain conseil national qui se tiendra une fois les propositions d'Aït Ahmed reçues.