Pour avoir pris le train du professionnalisme en marche, en raison de l'énorme retard accusé dans les démarches administratives visant à faire changer le club de statut et se conformer ainsi aux nouvelles lois et dispositions réglementaires récemment entrées en vigueur, le Mouloudia d'Oran paie quotidiennement le prix de cette précipitation qui a caractérisé son entrée dans le monde du football non-amateur. Si sur le terrain, les résultats semblent suffire pour l'instant au bonheur des supporters, ravis de voir leur équipe pas mal se débrouiller et tirer son épingle du jeu, du côté administratif, ce n'est pas (encore) la joie.Pourtant, en dirigeants veillant à la bonne marche de leur club, le président Tayeb Mehiaoui, son proche conseiller Lakhdar Belloumi, le président de la section football Larbi Abdelilah, le secrétaire général Hafid Belabbès ainsi que le manager général Habib Benmimoun font leur “possible” pour faire accéder le MCO au rang de formation professionnelle. Du moins, dans l'esprit, à défaut de pouvoir le faire dans la vie réelle. Mais en dépit de leur bon vouloir ou de leur volonté de faire revivre le mythe MCO à même d'en faire, de nouveau, un véritable grand club au lieu de ce qu'il est actuellement, à savoir un club au grand passé, beaucoup d'indices sous la forme de dysfonctionnements multiples freinent leurs ardeurs et leur confirment, jour après jour, que n'est pas professionnel qui veut. Le fameux incident avec un agent de l'ordre qui a valu au président Mehiaoui tant de déboires et une bien mauvaise opération sur le plan marketing dont il se serait passé volontiers renseigne, ainsi, cruellement bien sur l'impossibilité avérée de remplir, en un temps record de quelques mois seulement, un cahier des charges aussi exigeant que celui réclamé par la nouvellement rebaptisée Ligue de football professionnel. Dans les cinq “registres” exigés par ledit cahier des charges à même de pouvoir passer pro', le MCO souffre d'insuffisances : sportivement, administrativement, juridiquement, financièrement et encore plus du côté infrastructurel et en matière de personnel qualifié.Juridiquement, le Mouloudia d'Oran est certes, une société sportive par actions, mais la manière avec laquelle ces mêmes actions ont été “octroyées” continue de faire grincer des dents dans les multiples fiefs de ceux qui désiraient faire partie du conseil d'administration. “Nous n'avions pas le temps nécessaire pour faire ou agir autrement” se justifiait, dans une certaine logique, à chaque fois que l'occasion lui était donnée, le président Tayeb Mehiaoui. Cet argumentaire quelque peu sommaire n'empêche, toutefois, pas certains cercles proches du club de réclamer que “l'opacité qui caractérise la nature réelle de la gestion du club soit levée à même de permettre à ceux qui souhaitent y investir de le faire”, surtout que l'information relative à la non-désignation ni d'un trésorier ni d'un comptable du club, faisant de Mehiaoui la seule personne habilitée à signer des chèques au lieu des deux paraphes habituellement nécessaires, circule dans les coulisses du club comme pour donner raison à ceux qui contestaient -et continuent de le faire- l'absence d'une véritable juridiction “interne” à même de faire du MCO un club “normalement” structuré. Ceci d'une part. D'une autre part, l'énorme retard accusé par le Mouloudia pour “officialiser” l'obtention de ce fameux lot de terrain octroyé par l'Etat afin d'y bâtir le centre de formation promis, entre logiquement dans ce qui s'apparente à cette erreur stratégique d'avoir précipitamment placé la charrue avant les bœufs. Pourtant, en la personne de Mohamed Boudjelal, le club d'El-Hamri a “déjà” le directeur de son centre de formation, pour l'instant virtuel. Cela se passe au moment où les jeunes catégories du club éprouvent les pires difficultés pour trouver un créneau horaire pour les besoins des séances d'entraînement quotidiennes. Même l'équipe première, drivée par Si Tahar Chérif El-Ouazzani, souffre de ce manque chronique d'infrastructures pouvant répondre à sa demande croissante en matière d'aire de jeu disponible et se voit contrainte, plusieurs fois par semaine, de partager son terrain d'entraînement avec le voisin asémiste. Cela sans évoquer les innombrables et interminables couacs journaliers qui entravent la marche en avant de l'équipe-première et pourrissent, très souvent, la vie de l'entraîneur en chef et lui créent des difficultés supplémentaires. C'est dire que, pour mériter réellement le titre de club professionnel, il reste encore au Mouloudia d'Oran un long, très long chemin à parcourir.